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Les Hommes de l'ombre

 
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Les Hommes de l'ombre
 MessagePosté le: Lun 5 Mar 2012 - 08:05 Répondre en citant  
Message
  L'Isa
Nietzsche ta mère !


Hors ligne

Inscrit le: 17 Fév 2009
Messages: 44 364
situation virtuelle: Moi aussi j'ai un booooo chapeau ! pfff !
Féminin Taureau (20avr-20mai)
grade: fée railleuse de Vaujours




Après la mort du Président, c'est le duel en trente jours chrono entre deux candidats à la succession :

le Premier Ministre sortant (méchant) et la secrétaire d’état idéaliste (Nathalie Baye), et par ricochet, entre leurs conseillers en communication respectifs.
Ecrite par Dan Frank et Régis Lefebvre (ex-chef de cabinet de François Bayrou), la série appelle un chat un chat en nommant la droite et la gauche (le président mort était de droite), et sème les clins d’œil – moue balladurienne du Premier Ministre, milliardaire russe à la tête d’un clone de France Soir, mise en scène Royale de Baye dans ses meetings.

Le rythme est plutôt enlevé, la peinture des coups bas politiques sans équivoque.
Le parti pris de la série est de montrer l’opposition entre deux candidats de droite, le personnage de Baye étant plus centriste.
A trois mois du premier tour de la Présidentielle, montrer, démonter les manœuvres dans un même camp peut paraître osé comme prudent puisqu’on en évacue l’idéologie et le débat droite-gauche.

Les Hommes de l’Ombre livre tout ce qu’on attend :

Porter à l’écran ce qu’on lit l’air narquois dans Le Canard Enchaîné,
nous conforter dans notre vigilance citoyenne face aux discours et au storytelling.

Les messieurs du titre sont ceux qui tirent les ficelles d’une campagne présidentielle éclair, dûe à un drame expédié dès les premières minutes de la série : la mort du Président de la République dans un attentat-suicide.

En coulisses, le monde politique s’agite :

des élections présidentielles anticipées doivent être organisées dans les 35 jours.
Simon Kapita, le conseiller du Président, soucieux de préserver l’honneur de son ami, décide de partir en campagne avec la secrétaire d’état aux affaires sociales, Anne Visage.
Selon lui, Anne est la seule capable de battre leur ennemi politique, le Premier ministre, Philippe Deleuvre.
Alors que la campagne débute, Simon découvre qu’il va devoir affronter son ancien protégé, Ludovic Desmeuze, conseil du chef du gouvernement.
Entre ces deux hommes de l’ombre, un combat fratricide s’engage alors autour de l’héritage politique du Président…
Entre thriller politique et feuilleton, Les Hommes de l’ombre nous dévoile les coulisses d’une campagne présidentielle sous haute tension.
Une plongée au coeur de l’échiquier politico-médiatique, de ses trahisons, haines, amours et luttes d’influence qui rythment la vie quotidienne d’hommes et de femmes investis d’une seule mission : Faire élire leur candidat.


A la suite de ce feuilleton, un ami m'a prêté un ouvrage relatant l'histoire secrète du Père de la Com'Politique (oublions Attali, car................. "les Hommes de l'ombre ne se mettent pas en lumière".......)
Jacques Pilhan.

Ce Jacques-là aura servi deux maîtres :
les monarques républicains François Mitterrand et Jacques Chirac.
Deux losers qu'il a métamorphosés en conquérants.
Jacques Pilhan (1943-1998) fut l'antithèse du courtisan :
un coach autoritaire, enjoignant ses élèves de donner du temps au temps, de choisir le terrain de l'affrontement, d'imposer leur rythme.
Praticien de la communication politique, il érigea en dogme le silence et la distance propres au chef et accoucha de fulgurances théoriques ("L'opinion change d'elle-même l'image de celui qu'elle veut faire gagner").
L'enquête fouillée et brillante de François Bazin, chef du service politique du Nouvel Observateur, dessine trait après trait le portrait d'un chaman saturnien nourri de Guy Debord et des situationnistes.
L'un des meilleurs livres politiques de ces dernières années. (critique d'Emmanuel Hech, pour l'Express)


Bachelier à 15 ans, Jacques Pilhan devient par la suite dilettante, changeant régulièrement d'année universitaire (histoire, droit), jouant beaucoup au poker et lisant des écrivains comme Guy Debord ou des chercheurs de l'École de Palo Alto qui l'influenceront beaucoup.
Autodidacte, il s'inscrit culturellement dans le courant de la gauche situationniste.
Selon le journaliste François Bazin, « Pilhan s'entourait de gens férus d'anthropologie, de psychanalyse, de peinture, d'art.
Pilhan avait un fonds culturel baroque, de transgression.
Aujourd'hui, tout le monde sort du modèle Sofres ou Sciences-po ».
En 1979, il est recruté dans l'agence de publicité RSCG par Jacques Séguéla en tant que directeur des stratégies.


Jacques Pilhan, l’Homme des Présidents

Décédé en 1998, Jacques Pilhan aura successivement conseillé François Mitterrand et Jacques Chirac.
Autodidacte, cet homme secret aura contribué à l’essor de la communication politique en France.

Il était l’homme des Présidents.
Pendant quatorze années, il a façonné leur image, celle de François Mitterrand entre 1984 et 1995, puis celle de Jacques Chirac jusqu’en 1998.
Slogans chocs, plans médias et stratégies au long cours : Jacques Pilhan a durablement installé la communication politique dans les allées du pouvoir françaises.
Disparu en 1998 à l’âge de 54 ans, cet homme secret n’aura pourtant jamais donné dans l’esbroufe ni dans l’emphase, laissant le devant de la scène à ces politiques qui lui inspiraient fascination autant que méfiance.
Autodidacte, il ne définissait d’ailleurs son rôle qu’en termes vagues
– « gérer le rapport d’un homme public avec l’opinion »-
et rejetait l’appellation de "communicant" qu’il trouvait « trop laide ».
La seule formule qui trouvait grâce à ses yeux lui était inspirée par Lacan : Pilhan disait volontiers qu’il exerçait
« un métier qui n’existait pas ».

Sa trajectoire vertigineuse laisse songeur.

Quand Pilhan débarque à Paris à la fin des années 60 en provenance de son Aquitaine natale, il n’a pour ainsi dire
pas grand-chose :
une petite expérience de communicant pour un exploitant de vin, un compte en banque dégarni et aucun dipôme.
Mais il a pour lui un vrai talent au poker, qui lui permet de gagner quelques subsides, et une soif de reconnaissance dévorante.
« C’était une sorte de Rastignac surdoué." témoigne Jean-Luc Aubert, qui a collaboré avec lui pendant quatorze ans auprès de Mitterrand et de Chirac.
"Il incarnait une certaine figure du povincial monté à Paris pour se faire une place parmi les puissants et les célèbres.
Il était par ailleurs doté d’une intelligence peu commune ».

C’est Jacques Séguéla qui, le premier, repère ce jeune homme fluet, qui fut un temps proche des maoïstes et des situationnistes de Guy Debord.
Sa vivacité d’esprit détonne et Séguéla le fait venir dans son agence de communication.
Les portes du pouvoir ne sont alors plus très loin.
Candidat du Parti socialiste à la présidentielle de 1981, François Mitterrand fait appel à eux pour orchestrer sa campagne.
La communication politique n’en est qu’à ses balbutiements en France mais Pilhan fait des merveilles :

le slogan de campagne qui germe dans son esprit - « La Force tranquille » - passera à la postérité.

Sa réputation est faite.

Trois ans plus tard, Mitterrand est à l’Elysée mais son étoile pâlit dans l’opinion.
Le tournant de la rigueur budgétaire en 1983 a laminé les espoirs de l’électorat de gauche et le tout jeune Premier ministre Laurent Fabius gagne en popularité au dépens du chef de l’Etat.
Mitterrand reprend alors contact avec Pilhan et lui propose de créer une cellule officieuse chargée de la communication du président. L’impétrant accepte et s’adjoint les services de deux autres communicants, Jean-Luc Aubert et Gérard Colé.

Ensemble, ils vont créer un nouveau style de communication nourri par la psychanalyse et la sociologie et fondé sur la rareté médiatique.
« En tant qu’homme public, si je parle souvent je me confonds avec le bruit médiatique, expliquait Pilhan dans la revue « Le Débat » en 1995.
La fréquence rapide de mes interventions diminue considérablement l’intensité du désir de m’entendre et l’attention avec laquelle on m’écoute. Si, en revanche, je me tais pendant un moment, le désir de m’entendre (…) va s’aiguiser. »

Pilhan inaugure également l’idée du plan média, aujourd’hui devenue banale :
au lieu de répondre aux sollicitations des journalistes, c’est l’homme politique qui choisit le média dans lequel il veut s’exprimer
« selon l’effet qu’il veut obtenir » disait Pilhan, afin, ajoutait-il, « d’imposer son choix et son rythme, son écriture médiatique ».

Enfin, Pilhan cible toutes les interventions sur la télévision au détriment des autres médias.
« Le réel est dans l’écran de télévision » disait-il.
Il règle les moindres détails des interventions télévisées et apprend aux hommes politiques à apprivoiser la caméra.
« Pilhan a toujours encouragé Mitterrand à négliger l’écrit, témoigne Jean-Marc Lech, numéro deux d’Ipsos et ancien M. Sondages de Pilhan.
Et il a eu raison. »

La méthode Pilhan fait florès.
D’émissions conçues sur mesure en slogans tonitruants -Le fameux « Touche pas à mon pote »-, la côte de Mitterrand remonte.
« On a réussi à faire d’un dirigeant vieilli un vieux sage », sourit Jean-Luc Aubert.

Pilhan ne quittera plus Mitterrand jusqu’à la fin du deuxième septennat, en 1995.
Leur collaboration résistera à bien des épreuves – l’affaire du Rainbow Warrior, la cohabitation de 1986, le référendum sur Maastricht, les révélations sur Vichy…
« Une complicité profonde s’est nouée entre ces deux hommes, relève Jean-Luc Aubert. Pilhan ne conseillait Mitterrand que par oral. Il lui racontait une histoire comme à un enfant. »
Pilhan se tient toutefois à l’écart du pouvoir et des paillettes.
Il ne fréquente guère les hommes politiques en dehors de son travail, et entretient son jardin secret.
« Je l’ai vu pendant quatorze ans tous les jours mais je crois que je ne le connais pas », note Aubert.
Sa discrétion ne lui épargne pas quelques inimitiés.
A l’Elysée, parmi les socialistes, son omnipotence et son autoritarisme agacent.
Et son charisme est redouté.
« Il pouvait terroriser quelqu’un par ses facultés intellectuelles »,
note M. Aubert.
« C’était quelqu’un d’assez orgueilleux dans ses convictions, se souvient M. Lech.
Une fois qu’il avait arrêté son avis, c’était très difficile de l’en faire changer. »
Les critiques se feront plus acerbes en 1995. Pilhan sait que Mitterrand ne se représentera pas et Jacques Chirac lui propose de piloter la communication de sa campagne présidentielle.
« Il n’a eu que quarante secondes d’hésitation », indique Lech.
« Il s’est dit que si le fournisseur de fromages de l’Elysée ne changeait pas, il n’y avait aucune raison de changer de communicant ».
Il rejoint donc l’équipe de Chirac et l’aide à conquérir l’Elysée.
Les caciques socialistes crient à la trahison, les chiraquiens du premier cercle parlent d’une « faute morale ».

Pilhan reprend donc du service à l’Elysée pour le compte de celui contre qui il a échafaudé tant de stratégies.
Mais l’alchimie n’opère plus.
Chirac le sollicite quasi quotidiennement quand Mitterrand lui demandait conseil avec parcimonie, et l’entourage du Premier ministre d’alors, Alain Juppé, lui mène la vie dure.
Parallèlement, Pilhan commence à céder aux sirènes de la célébrité en s’affichant en couverture de « l’Express ».
« Je crois que de voir son visage affiché dans les kiosques a Paris lui a un peu fait pété les plombs », assure M. Aubert.

Les vicissitudes de la vie politique n’arrangent rien : grèves monstre en 1995, dissolution ratée en 1997…
Et surtout, entre-temps, la mort de Mitterrand.
Avec ce décès, disparaît l’incroyable aventure des deux septennats.
Pilhan ne s’en remettra pas : en 1998, il est emporté par un fulgurant cancer du poumon. « Il ne pouvait pas survivre longtemps à Mitterrand », tente Aubert.

Au moment de sa disparition, les hommes politiques qu’il a tant conseillés, de Rocard à Chirac en passant par Fabius, ont gardé un silence gêné, évitant tout hommage public.
« Ils savaient trop bien tout ce qu’ils devaient à Pilhan, tempête Aubert, mais ils ne pouvaient pas se permettre de le reconnaître.»

Jusque dans sa mort, Pilhan aura conservé intacte l’illusion du « métier qui n’existe pas »…


Jérémy Tordjman
....................................................
Référence bibliographique
"L'écriture médiatique"
de Jacques Pïlhan
in la revue Le Débat -1995-



Jacques Pilhan et François Mittérand, second septennat. (Pilhan est au second plan sur la photo)




Son nom était inconnu du grand public mais abondamment cité dans les cabinets ministériels et les salles de rédaction.

Jacques Pilhan (1944-1998) fut le plus secret des "conseillers image" de François Mitterrand avant de poursuivre sa carrière à l'Elysée durant le premier mandat de Jacques Chirac...
Discret au point qu'il existe très peu de photographies et quasiment aucun écrit de Jacques Pilhan à l'exception d'un entretien accordé à la revue "Le Débat" en 1995.
La biographie que François Bazin consacrée à Jacques Pilhan éclaire sur l'influence de ce "sorcier de l'Elysée" qui servit deux présidents de la République, de gauche et de droite, sans état d'âme.
Invité par la Fondation Jaurès à s'exprimer sur "la vie secrète de Jacques Pilhan", François Bazin rappelle ses faits d'armes :

la célèbre interview avec Yves Mourousi en 1985 et le non moins fameux débat autour du référendum de Maastricht qui opposa, en 1992, François Mitterrand au regretté Philippe Séguin.
"Pilhan ce fut aussi les drapeaux français derrière François Mitterrand, un éclairage, une image... un nettoyage de l'écran".

Selon François Bazin, la communication politique d'un président de la République reposait sur quinze points qu'il avait un jour couchés sur une simple feuille A4 d'une écriture penchée :

la gestion du désir... le Président est le centre et ne doit pas être usé par une communication excessive... tout passe par la télévision... on est entendu lorsque l'on est attendu...

Doté d'un sens aigu pour détecter les signaux faibles de la société française, mais également manipulateur, Jacques Pilhan "détestait les journalistes et demandait toujours "qui a-t-on en magasin" pour présenter telle émission avec Mitterrand" selon François Bazin.

Au point de dresser un très cruel portrait de Christine Ockrent : "on dirait un brochet qui attend son asticot...". Fermez le ban !

Source :

* Débat autour du livre "Le sorcier de l'Elysée. L'histoire secrète de Jacques Pilhan" (Fondation Jean Jaurès)
* Extraits du livre de François Bazin publiés par L'Express
_________________
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 MessagePosté le: Lun 5 Mar 2012 - 08:05  
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