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Le gypse en Ile de France.
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Le gypse en Ile de France.
 MessagePosté le: Sam 23 Avr 2011 - 16:03 Répondre en citant  
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  L'Isa
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L'Ile de France renferme 70% du gypse national et il reste environ 30 ans d'exploitation de gypse...

Retour sur l'activité principale d'une partie de l'Ile de France, pendant des siècles.

Un peu de géologie, d'abord :

http://troglos.free.fr/dossiers_paris_ile_de_france/dossier_carrieres_paris…




La formation du gypse :


Tout comme le calcaire, le gypse est une roche sédimentaire (formée par sédimentation). Cependant, sa différence réside dans sa formation et donc dans sa composition.

Pour décrire les choses simplement :

La dernière transgression marine ayant eu lieu avant les couches qui vont donner le gypse, a laissé des sédiments, qui par compactage donneront des couches de marnes et des sables sur lesquels va s'asseoir le gypse.

Il y a environ 35 millions d'années, le territoire de ce qui deviendra Paris et ses alentours, la mer proprement dite s'est retirée, mais des cuvettes remplies d'eau de mer créerent des systèmes lagunaires dans lesquelles l'eau de mer s'engouffra s'en ressortir, s'évaporant continuellement au fur et à mesure de l'arrivée d'eau, grâce à un climat chaud.
Le sel se dépose donc au fond (même principe que les marais salants), avec des sédiments, et se cristalise, ce qui donnera, par compactage et retrait partiel de l'eau : LE GYPSE.
Le gypse c'est du sulfate de calcium di-hydraté
formule : CaSO4 · 2 H2O

Cependant, à cette époque, à plusieurs reprises, la mer est revenue, ce qui fait que le gypse n'est pas d'un seul tenant, mais séparé par des couches de marnes (roche sédimentaire contenant du calcaire et de l'argile en quantité à peu près équivalente),
séparant ainsi le gypse en plusieurs "masses".
Celles-ci sont au nombre de 4, qui seront, par la suite, toutes ou seulement en partie exploitées.

Elles sont numérotées à l'inverse des couches géologiques.

La masse la plus récente, est la plus épaisse DE 15 à 20 MÈTRES, la plus pure, la plus accessible et donc la plus exploitée.
L'ensemble fait une CINQUANTAINE DE MÈTRES d'épaisseur.

La mer est revenue ensuite, déposant des sédiments, créant ainsi d'autres couches de marnes dites SUPRA-GYPSEUSES "supra" signifiant "au-dessus de", couches marneuses imperméables qui ont protégé le gypse une roche qui se dissout très facilement au contact de l'eau, les couches marneuses ont donc évité sa dissolution.

Les masses de gypse ne sont pas partout de la même épaisseur et les différentes masses n'existent pas toujours en fonction de la position de l'endroit dans la lagune.

L'érosion des sols, et le fait que le gypse disparaisse dès que les couches protectrices de marnes situées dessus se sont érodées, fait que ce gypse n'est présent que dans les "BUTTES TÉMOINS" : "buttes" = qui ont été protégées de l'érosion
témoins = d'un massif plus grand qui, lui, a été érodé.
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Dernière édition par L'Isa le Lun 19 Déc 2011 - 20:19; édité 2 fois
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 MessagePosté le: Sam 23 Avr 2011 - 16:03  
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 MessagePosté le: Sam 23 Avr 2011 - 16:06 Répondre en citant  
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Les propriétés du gypse :

Le gypse, à cause de ses sels, est une roche extrêmement soluble au contact de l'eau.
De plus, elle est très faible, "mécaniquement" parlant.
S'il a été exploité, c'est pour en faire du plâtre, celui-ci étant réalisé par cuisson du gypse dans des fours prévus à cet effet, ce qui va partiellement le déshydrater, avant d'être broyé pour être transformé en poudre.


Dénomination :

Comme le calcaire grossier pouvait être appelé "pierre à bâtir", du nom de la destination de ce matériaux, le gypse était couramment appelé "pierre à plâtre", voire tout simplement "plâtre" (ex : 'extraction du plâtre').

Les carrières de gypse prenaient alors souvent le nom usuel de carrières à plâtre ou plâtrières.
Elles ont été nommées ainsi dans le langage populaire, mais aussi sur les anciennes cartes, dans les lois et décrets anciens.


Localisation :

Le gypse est présent sous la capitale dans un quart Nord/Nord-Est.

Il a principalement été exploité dans les actuels quartiers de la Butte Montmartre, des Buttes-Chaumont, de Charonne et de Ménilmontant, qui étaient, à l'époque de son exploitation, des espaces hors de Paris.

Il est également très présent en Seine Saint Denis, Val d'OIse, Oise, Seine et Marne.
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 MessagePosté le: Sam 23 Avr 2011 - 16:09 Répondre en citant  
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plan d'exploitations de la zone de l'actuel Montmartre, (18ième siècle)


Ces zones d'exploitations se prolongeaient dans l'Est, sous le plateau des Lilas et de Romainville,
en prolongement des hauteurs de Belleville et de Ménilmontant, qui offrent une épaisseur importante de gypse :
Pantin, Les Lilas, Pré-Saint-Gervais, Bagnolet , Romainville, Noiy le Sec, Rosny, Gagny, Bagnolet, Montreuil, Villemonble, Livry-Gargan, Vaujours... Claye Souilly, Villeparisis, Annet sur Marne, Thorigny, Dampart...





coupe d'exploitation
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Dernière édition par L'Isa le Sam 23 Avr 2011 - 17:27; édité 1 fois
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 MessagePosté le: Sam 23 Avr 2011 - 17:14 Répondre en citant  
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Le gypse est aussi présent au Sud de Paris, en moindre épaisseur, où il a été exploité :
Vitry-sur-Seine, Villejuif, au Sud de Bagneux et de Châtillon, au Nord de Fontenay-aux roses, à Clamart et à Meudon (le gypse s'étant formé après le calcaire grossier, il est situé au-dessus de celui-ci et les carrières sont donc positionnées plus haut sur le coteau).

Un peu plus loin à l'Ouest, le gypse a été exploité dans le massif de l'Hautil (environ 30mètres d'épaisseur) (Vaux-sur-Seine, Triel, Evecquemont, Chanteloup-les-Vignes, Boisemont,...), visiblement depuis le 18ème siècle.

A noter qu'aujourd'hui le gypse est principalement exploité sous la forêt de Montmorency (en galeries souterraines) et à Cormeilles (dans une importante carrière à ciel ouvert), où le gypse est réputé très pur.

La production du Val d'Oise assurant aujourd'hui 50 %* de la production nationale (*source Quid, en 2005).

Les carrières de gypse de la région parisienne assurent jusqu'à 70 % de la production du plâtre en France.

Il est mentionné que les carrières de Montreuil sous Bois, Clamart, Bagneux et Romainville sont les carrières de gypse les plus importantes de France dans l'ouvrage de André Joanne "la Géographie du département de la Seine"de 1872.


Les masses de gypse :


Tel qu'affirmé plus haut, à Paris et autour, le gypse est réparti en plusieurs épaisseurs appelées MASSES.

La HAUTE MASSE ou 1ère MASSE est la plus élevée, la plus épaisse, par ce fait, la plus exploitée.
Elle mesure de 15 à 20m d'épaisseur.

LA MOYENNE MASSE ou SECONDE MASSE a une hauteur de 5 à 7 mètres.

LES BASSES MASSES, qui regroupent les TROISIÈME ET QUATRIÈME MASSES sont composées, sur 12 mètres d'épaisseur, d'une alternance de couches de gypse, d'argile et de marnes.

Tout ou seulement une partie des masses a pu être exploité.

Ces hauteurs sont des hauteurs maximales, à certains endroits les épaisseurs peuvent être moindre.
Ainsi, à Clamart, Châtillon et Meudon, situées au Sud-Ouest de Paris, la couche exploitable de gypse n'est que de 3 à 4mètres.

Le front de taille se présente en gradins.
L'extraction commence par le sommet de la galerie à crée ;

par le souchevage du haut de la masse sur environ 2m de largeur.
(le souchevage était nécéssaire pour séparer les pierres du banc marneux, on pratiquait aussi le défermage, sorte d'amorces de ruptures verticales destinées à délimiter la longueur de l'abattage. Le souchevage consistant à réaliser une saignée horizontale, en profitant de la présence de bancs tendres de calcaire marneux nommés "souchet", lesquels sont si friables qu'ils s'écrasent sous les doigts.)


En général, un seul carrier réalisait ces opérations : le soucheveur, qui utilisait pour cela un pic ou une aiguille, une longue barre de fer. Cette cavité était appelée le four, car il y faisait chaud étant donné le confinement du lieu.

Des carriers réalisaient ensuite au pic une saignée de chaque côté, celles-ci ayant la particularité de s'évaser vers le bas afin de donner une galerie de section trapézoïdale.
Ils lèvaient ensuite chaque strate par des coins ou par des leviers, voire par des mines (après avoir foré un trou cylindrique dans ce cas).
Lorsque les carriers pouvaient se tenir debout ils placaient alors des "brindilles", destinées à maintenir le ciel ou encore ils maçonnainent les arcs, et creusaient la galerie en l'évasant au fur et à mesure qu'ils descendaient.

Les mines pouvaient aussi être utilisés sans creuser de saignées sur chaque côté de la galerie, ce qui donnait alors un aspect déchiqueté aux parois, encore visible aujourd'hui. Celles-ci nécessitaient un forage cylindrique, réalisé avec un outil prévu à cet effet : la TARIÈRE.
Ensuite la poudre était bourrée au fond du trou et le trou rebouché afin que la force de l'explosion fasse éclater la roche.

La mine était souvent utilisée, car le gypse est une roche qui, malgré sa faiblesse structurelle reste une roche relativement dure à creuser et, le gypse étant destiné à être cuit puis broyé, ne nécessitait pas les mêmes précautions que la pierre à bâtir.
Cependant, son inconvénient résidait dans le fait que son utilisation fragilisait la stabilité des galeries futures (création de micro-fissures).
Pour remédier à cela, dans certaines exploitations, l'évasement était réalisé dans la partie supérieure des galeries et était exploité au pic, alors que la partie inférieure était verticale et expoitée à la mine, laissant des parois déchiquetées.

L'évacuation du gypse se faisait par des brouettes poussées par des hommes, des tombereaux attelés par des chevaux ou par des wagonnets sur rails, à partir du XIXème siècle. Ce sont des manoeuvres qui les réalisent.





Le décret sur l'exploitation des carrières de pierre à plâtre dans les départements de la Seine et Seine et Oise du 22 mars 1813 encadre de manière très stricte les méthodes d'exploitation dans ces deux départements (actuels Val d'Oise, Essonne, Yvelines, Hauts de Seine, Seine Saint Denis, Val de Marne, Paris), ne laissant que très peu de liberté, afin d'assurer la stabilité des lieux et donc d'assurer la sécurité des personnes qui y travaillent et des personnes en surface.

Ce décret défini les 3 masses ainsi :
hautes masses "15-18 mètres"
moyennes masses "5-7 mètres"
"les basses masses sont celles qui, sur environ 12 mètres environ d'épaisseur, offrent alternativement des bancs de pierre à plâtre et des couches de marnes ou d'argiles"
il détaille aussi les critères des 3 modes d'exploitations :

A DECOUVERT

PAR CAVAGE À BOUCHE

PAR PUITS

ainsi que les règles à respecter pour chaque type d'exploitation selon ces masses et leurs qualités.

Ainsi, les masses ayant un faible recouvrement (6mètres et moins pour les hautes masses, 3 à 4mètres et moins pour les moyennes et basses masses), ou ayant une qualité structurelle insuffisante ou encore ayant moins de 2m de hauteur doivent être exploitée à ciel ouvert.


Les masses recouvertes de plus de 6m pour les hautes masses, 3 à 4m pour les moyennes masses, ayant une qualité structurelle suffisante et plus de 2m de hauteur peuvent être exploitées en galeries souterraines.
Mais seules les masses recouvertes d'une "grande épaisseur de terre" (comprendre : terres, sables, marnes) dans lesquelles il est impossible de créer une bouche de cavage peuvent être exploitées par puits. (art. 1, 10 et 31 de ce décret).

Une année plus tard, le 17 Mars 1780, une déclaration du roi demande de "dresser procès verbaux exact de leur état intérieur" et ordonne s'il y a péril, "le renversement desdites superficies"
C'est-à-dire le foudroyage des carrières de gypse menaçantes.
Le foudroyagei se fait par la disposition de charges explosives (poudre) au niveau des pillers afin de les faire sauter et effondrer la carrière.

Cette méthode se révélera par la suite insuffisante, car elle a l'inconvénient de créer des vides résiduels susceptibles de provoquer des tassements à long terme (effondrements généralisés) qui deviendront problématique quand ces zones seront bâties....

Dans cette même déclaration, on note l'interdiction de l'exploitation des carrières de gypse par puits :

"l'article premier de notre décision du 23 janvier 1779, faisant défense d'exploiter à l'avenir, par le cavage, les carrières à plâtre qui seraient nouvellement découvertes sera exécuté ; et, en y ajoutant, défendons également l'exploitation desdites carrières par des puits. Voulons que toutes les carrières à plâtre ne puissent, à l'avenir, être ouvertes et exploitées qu'à découvert et à tranchée ouverte, à peine de 500 livres d'amende et de confiscation des voitures, chevaux et ustensiles ".

Est-ce un oubli de ce mode d'extraction lors de la déclaration du 23 Janvier 1779, ou les carriers ont-ils trouvé une parade pour continuer exploiter en souterrains ?
Pourtant l'article du 23 Janvier 1779 affirmait que "les dites carrières à plâtre, ne puissent à l'avenir être exploitées qu'à découvert et à tranchée ouverte".

Pendant 30 ans, l'exploitation du gypse ne se fera alors plus qu'à ciel ouvert. De 1779 à 1809.


L'exploitation du gypse dans les limites actuelles de Paris ont eu lieu, comme dit plus haut, autour de la Butte Montmartre, des Buttes Chaumont, de Charonne, etc.
Celle-ci s'est terminée de 1860 à la fin des années 1870, selon les endroits (vraisemblablement 1860 à Montmartre et aux Buttes Chaumont et 1872 ou 77 pour l'Est des carrières d'Amérique, vers le Boulevard Serrurier).
L'annexion des communes situées dans l'enceinte de Thiers (construite vers 1840) comme Montmartre, Charonne et Ménilmontant, en 1860, un décret interdisant l'exploitation de carrières de gypse à Paris (celui du 22 Mars 1813), ainsi que l'urbanisation grandissante, ont sonné le glas de ces exploitations dans les limites actuelles de Paris.
Elles ont perduré en proche banlieue jusqu'au début, voir au milieu du 20ème siècle, pour s'éloigner de plus en plus de Paris au fur et à mesure du développement de l'agglomération.

Les piliers à encorbellement deviennent obligatoires et leur implantation doit être régulière.
Leurs dimensions et celles des galeries sont régies par ce décret selon le type de masse le type d'exploitation et selon où ils sont situés (près de la bouche de cavage, en bas du puits, le long d'une galerie de roulage, etc... Les hauteurs de ciels de carrières étaient eux aussi réglementés et ne devait pas mesurer plus de 2mètres de large.
Les piliers de la haute masse devaient être espacés de 6 à 7 mètres selon les cas, et avoir 6 à 7 mètres de largeur, toujours selon les cas.

Par ailleurs, au fur et à mesure de l'avancée de l'exploitation, dans les exploitations par bouche de cavage, les anciennes parties devaient être foudroyées* (pour les hautes et moyennes masses) ou remblayées (pour les basses masses) . 24), sauf la galerie de roulage permettant d'accéder aux ateliers en activité.
Cependant, celle-ci devait être confortée.
A la fin de l'exploitation, la totalité de la carrière et les galeries de roulage devaient être foudroyées.

article 23 : " Pour les exploitations par bouche de cavage, lorsque l'excavation sera avancée d'environ quarante-cinq à cinquante mètres de profondeur, ou que le quatrième pilier du milieu des ateliers aura été dégagé et tourné entièrement, et suivant les circonstances ou l'urgence, on enlèvera l'étançonnage du premier pilier à l'entrée des chambres ou ateliers, et on les fera sauter par des mines, de manière à opérer les comblements des parties environnantes, et n'avoir toujours que trois piliers intermédiaires entre l'éboulement et les travaux du fond de la carrière".

Dans le cas des exploitations par puits et piliers tournés, le foudroiement ou le remblaiement n'étaient pas systématiques.
Ils étaient pratiqués seulement s'il y avait des risques d'éboulements ou de tassements.
C'est l'inspecteur général qui décidait.

Ce décret stipulait aussi que dans le cas d'une exploitation par puits, l'exploitation serait faite par "hagues et bourrages" si la haute masse n'offrait pas assez de solidité pour être exploitée par piliers tournés .
La hauteur des galeries sera de 3 mètres, leur largeur de 7 à 8 mètres, elles seront réalisées en muraillant derrière soi au fur et à mesure de l'avancée du front de taille en laissant simplement une galerie de circulation large de 1m50, haute de 2m et voûtée.



La fabrication 'traditionnelle' du plâtre :


Le plâtre s'obtient par cuisson du gypse à 120°.
C'est la déshydratation partielle de cette pierre qui va former le plâtre (et non sa fusion, qui a lieu à une température bien plus élevée).

Cette opération se fait essentiellement dans des fours à plâtre destinés à cet effet.
Ces derniers étaient situés à proximité des carrières, voire à l'entrée de celles-ci.

A Paris et en Île de France, ces fours sont d'une forme rectangulaire dont 3 côtés sont murés.
Les murs sont surmontés d'un toit afin de protéger le plâtre de la pluie, pour éviter à celle-ci d'altérer la qualité du plâtre.
Ces fours sont appelés "FOURS CULÉES".

Après cuisson, le plâtre est ensuite broyé pour donner de la poudre.
Cette opération s'effectue avec des "battes ferrées", au maillet, au pilon ou avec des meules verticales (souvent une ou deux meules - dans ce dernier cas, situées de part et d'autre de l'axe) (après avoir été cassé en petits morceaux à la batte ferrée dans la culée) mue par animal de trait (même principe que les meules à grains).
C'est cette dernière technique qui va progressivement remplacer les autres, fin 19ème.
La meule mue par un animal de trait est plus rentable et moins fatiguante (20à 25 boisseaux pour les battes ferrées, pour 10h de travail, 80 pour 2 meules actionné par un cheval 40 à 50 pour une meule, pour la même durée [selon le Manuel du chaufournier, Valentin Biston, 1823] un boisseau valant environ 12,5 litres).

Après avoir été broyé, le plâtre est tamisé.

La température et la durée de celui-ci est très importante :
pas assez cuit, le plâtre serait de mauvaise qualité.
Trop cuit, le plâtre mettrait longtemps à prendre, voire il ne prendrait pas du tout.

Cependant, même avec une durée adéquate, les pierres formant la voûtes sont trop cuites à l'extérieur sans être assez cuite à l'intérieur.
Il en va de même pour les pierres du dessus de la fournée, qui ne sont souvent pas assez cuites, malgré le fait que la diminution de la taille des pierres avec la hauteur avait pour but d'homogénéifier la cuisson.
Dans le four, la pierre pouvait aussi être non uniformément cuite selon leur emplacement, en fonction du vent qui entrait par le côté du four non muré.
La fumée imprégniait aussi la pierre, ce qui altérait la qualité du plâtre.
Mais une fois battu et mélangé, la qualité devenait homogène, ce qui donnait un plâtre "ordinaire", qui répondait très bien aux besoins de consommation courante, notamment pour la construction.




Utilisation du plâtre :

En France, l'utilisation du plâtre est attesté dès l'époque Gallo-Romaine.

Les Romains utilisaient ce plâtre pour enduire les murs , faire le stuc (réalisé à partir de plâtre ou de chaux ou des deux et de la poudre de marbre, de brique...).

A l'époque mérovingienne, il était utilisé essentiellement en Île de France pour mouler des sarcophages qui étaient, pour la majorité dans cette région, en plâtre moulé (les 4/5ème selon la lettre blanche n°12, du musée du plâtre de Cormeilles-en-Parisis) (cela s'explique par les gisements de gypse, ce qui n'est pas le cas partout en France)
Certains sarcophages sont ornés de figures.
Afin d'augmenter la qualité du plâtre ou de simplifier sa fabrication en diminuant la charge de travail que la fabrication du plâtre demandait, de nombreuses inventions ont vu le jour dans certaines fabriques au 19ème siècle
- Le gypse pouvait être broyé avant la cuisson, ce qui permet de le mélanger pendant la cuisson, et donc d'assurer une cuisson homogène.
- Un brevet est aussi déposé en 1839 par Louis Barbeau, les fours sont composés de foyers séparés, et le gypse est cuit directement dans les wagonnets passant dessus, ce qui offre deux avantages : évite d'avoir à décharger le gypse et à le recharger une fois cuit et évite à la fumée d'imprégner la pierre. La méthode d'exploitation de la pierre est elle aussi différente.

- La meule de M. Parquin de Chelles (Seine et Marne) est composée de 3 meules tournant dans une auge.
Les essieux sont brisés par des charnières, ce qui permet à la meule de monter sur les pierres trop dures (gypse non cuit ou marne mélangé au gypse),sans les écraser, et donc évite à qu'elle se mélange avec le plâtre, offrant donc ainsi une plus grande pureté.


Ces techniques, suivies par d'autres et l'industrialisation grandissante vont petit à petit permettre à certaines fabriques de se développer et à des familles de s'enrichir.
C'est durant ce 19ème siècle, que la multitude de petites fabriques va disparaître pour laisser la place à de grosses usines appartenant à de riches familles.


Au Moyen-Âge, le plâtre est surtout utilisé comme produit ignifuge appliqué sur le bois des maisons.

Le 18 Août 1667, -soit trois ans après le grand incendie de Londres- une ordonnance rend obligatoire à Paris et dans ses faubourgs, l'application d'un enduit de plâtre sur des lattes clouées sur les murs intérieurs et extérieurs des maisons à pans de bois, afin de limiter la propagation du feu en cas d'incendie, ce qui va intensifier la production du plâtre.

Le plâtre a aussi servi à réaliser des moulages en plâtre : décors, frises moulurées, statuaire intérieurs particulièrement au 18ème et 19ème siècle (car moins coûteux que la pierre, production en série), ce qui va encore intensifier la production.

Le plâtre a aussi servi à faire de la fausse pierre !

Il est aussi utilisé pour la construction pour la fabrication de panneaux pour réaliser des cloisons.

Le plâtre et le gypse non cuit ont aussi servi à amender les terres.

Le plâtre de Paris était réputé, car le gypse servant à sa fabrication, en plus d'être présent en abondance, était très pur.
Il était de ce fait utilisé à Paris et exporté (surtout à partir du XIXème siècle, époque des grandes exploitations et des évolutions des méthodes permettant de créer un plâtre pur)
au XIXème siècle, il a même été exporté en Angleterre, en Algérie et jusqu'aux Etats-Unis.
Ce plâtre est appelé : 'Blanc de Paris'
(à ne pas confondre avec le blanc (mycélium) des champignonnistes qui vont réutiliser certaines carrières -de gypse, de calcaire, ou autres- pour la culture des champignons !) ou 'Plâtre de Paris'.









Evolution des méthodes de soutainement :


Les piliers vont prendre une forme évasée, de sorte que les galeries aient un maximum de largeur (et donc qu'un maximum de pierre puisse être extraite) et le ciel un minimum de largeur, pour une meilleure stabilité en limitant le phénomène de délitement, donnant ainsi des galeries et des piliers trapézoïdaux.
De plus, le ciel peut être renforcé par des traverses de bois ou de métal, appelées brindilles, afin de soutenir les roches susceptibles de se déliter et de tomber. Le ciel des galeries peuvent être aussi être conforté par des arcs maçonnés.

La trame de la carrière et la position des piliers devient aussi de plus en plus régulière.

L'exploitation peut alors être plus haute et les carriers peuvent exploiter quasiment l'épaisseur du gisement (soit presque une vingtaine de mètres pour la haute masse), tout en laissant un banc d'environ un mètre au ciel (appelé banc des moutons*) pour soutenir les marnes, qui sont des masses incohérentes sur un plan structurel, et un banc au sol (appelé banc des fusils*).

L'accès se fait par bouche de cavage, par rampe inclinée ou par puits, selon la profondeur du gypse à exploiter.
On remarque d'après les planches de l'inspection générale des carrières de Paris (IGC), qu'à Paris l'exploitation du gypse s'est surtout fait par bouche de cavage ou rampe inclinée.
En général les bouches donnent dans des carrières exploitées d'abord à ciel ouvert, l'exploitation continuant en souterrain lorsque la quantité de matière à enlever pour avoir accès au gypse est trop important.
Parfois, des carrières souterraines de gypse sont aussi réexploitées à ciel ouvert.
Il n'est pas rare de voir une masse de gypse exploitée à ciel ouvert et la ou les masses inférieures exploitées en souterrain avec l'accès en rampe inclinée dans cette carrière à ciel ouvert.

Contrairement aux carrières de calcaire grossier, les carrières de gypse à Paris ont toutes été foudroyées ou remblayées (ou en tout cas, passent pour....) Il n'existe donc plus -en théorie- de galeries accessibles.

Si les carrières de gypse ont disparu dans le paysage, pour laisser place à l'urbanisation intensive, elles ont laissé des traces, témoins de cette activité.

Plusieurs noms de rues ou de quartiers ont pour origine cette activité :
- La rue des carrières d'Amérique et le quartier d'Amérique, dans l'Est de Paris (19ème arrondissement) tient leur nom du fait que ce plâtre a été exporté vers les Etats-Unis d'Amérique.
- Le passage des fours à chaux (19ème arrondissement) tient son nom des fours à plâtre (appelés improprement four à chaux ! - la chaux étant produite de la même manière, mais en faisant cuire du calcaire, à la place du gypse, dans des fours) qui étaient situés à cet endroit
- La rue des chaufourniers, non loin du passage précédent, tient son nom des personnes qui travaillaient dans ces fours.
- On prête l'origine du nom de la rue Blanche, située dans le 9ème arrondissement, (qui est le tracé de l'ancien chemin qui reliait la butte Montmartre -où on extrayait le plâtre- à Paris), les traces blanches dues aux charrettes et tombereaux qui transportaient les sacs de plâtre.
- Le quartier des grandes carrières à Montmartre tire son nom de cette activité.

Ces traces se retrouvent aussi dans la physionomie de certains quartiers. C'est le cas par exemple dans les quartiers des Buttes-Chaumont et d'Amérique dans le Sud du 19ème arrondissement.

Ainsi, le Parc des Buttes-Chaumont (le 3ème parc parisien par sa superficie et le plus escarpé), était dans le passé d'anciennes carrières.
A l'emplacement de l'actuel parc, le gypse y a été extrait jusque dans les années 1860, à ciel ouvert et en galeries souterraines, date de l'annexion des communes périphériques à Paris.
Dans l'esprit des gens, jusqu'au 19ème siècle, le lieu avait aussi très mauvaise réputation, les brigands et vagabonds s'y seraient cachés (réalité ou fantasme ?)
En tout cas, c'est ce que la population de l'époque lui attribue), mais ce n'est pas tout et le reste y a sans doute contribué (la butte Montmartre a la même réputation, les bouches de cavages ouvant abriter les vagabonds, mais ces bouches noires suscitant sans doute aussi à la fois imagination et inquiétude).
Par ailleurs, ce lieu, jadis situé à l'extérieur de Paris a servi jusqu'au milieu du XIXème de lieu d'équarrissage pour se débarrasser d'animaux vieux blessés ou malades, en particulier des chevaux (12 000/an - dont les crins étaient récupérés pour la tapisserie, les peaux pour les tanneurs, et les carcasses purement et simplement abandonnées), mais aussi des chats et des chiens, dans des conditions d'hygiène les plus épouvantables qu'il soit.
Dans les mares de sang caillés étaient élevés les asticots pour la pêche.
Le contenu des fosses d'aisances était amené au pied de la butte, (amenée par 17 000 trajets en 1812, ce qui représentait 1 224 000 pieds cubes, soit 4200m3 en 1812 et 1/3 de plus dans les années 1830 [annales d'hygiène publique et de médecine légale, tome 8, 1ère partie, 1832]) où les matières fécales étaient séchées puis réduites en poudre pour en faire de l'engrais, appelé 'poudrette'.
Les habitants de Paris y venaient aussi pour se débarrasser de toutes sortes de choses. Les corbeaux, rats et chiens y pullulaient. D'autre part, le lieu ne possédait pas de végétation.
On trouve une très "belle" description du lieu par Théophile Gautier ainsi qu'une description plus rationnelle et scientifique dans les annales d'hygiène publique et de médecine légale, tome 8, 1ère partie, 1832

Cette décharge se situait en dehors de la ville.
En 1860, lors de l'annexion des communes limitrophes à la ville de Paris, les carrières ne peuvent plus être exploitées (interdiction) mais l'habitude d'y jeter toute sorte de choses resta.

De plus, de 1300 environ jusqu'en 1760, il y eût le fameux gibet de Monfaucon, mesurant une dizaine de mètres de haut, où les suppliciés étaient pendus et dont les corps qu'on laissait pourrir, dévorés par les corbeaux puis desséchés, (il pouvait y avoir une cinquantaine de corps à la fois) sur un petit relief au pied de la butte (entre l'actuelle Place du Colonel Fabien et le canal Saint-Martin) et de 1778 à 1850, une arène en bois où se déroulait des "spectacles" -cruels- de combats d'animaux (ours contre porc, loup contre chien, etc...) juste en dehors de l'enceinte des fermiers généraux, non loin de l'actuelle place du Colonel Fabien (qui a eu le nom de place du combat jusqu'en 1945 environ, en souvenir de ces combats), ce qui n'aida pas à la réputation de la butte....

Méthodes d'exploitations Paris/ Ile de France :

Le gypse a été exploité en premier lieu à ciel ouvert, le long des vallées, là où il affleurait naturellement puis où la couche de matériaux à enlever pour avoir accès au gisement était faible.

Le gypse a ensuite aussi été exploité en galeries souterraines, pour les mêmes raisons que la pierre à bâtir (éviter d'avoir une couche importante de matériaux à enlever pour avoir accès à la pierre, conservation des terrains en surface).

A l'époque gallo-romaine, le gypse était exclusivement exploité à ciel ouvert.

Au Moyen Âge jusqu'à l'époque moderne, il a été exploité à ciel ouvert ou de manière souterraine selon la quantité de matières à dégager pour avoir accès à celui-ci.


Méthodes d'exploitation à ciel ouvert :

Les couches de terres et de marnes sont retirées et emmenées hors de la zone d'extraction en activité avec des brouettes poussées par des hommes, des tombereaux tirés par des animaux de trait ou (à partir du 19ème siècle) des wagonnets roulant sur des rails.
L'attaque se fait sur le coteau ou sur le plateau, et traditionnellement en gradins, du haut vers le bas.
Chaque banc de gypse est défermé (creusement de saignées verticales dites tranches de défermage) puis est extrait en le soulevant avec des coins ou des leviers. Le gypse peut aussi être extrait par des charges explosives, celles-ci étant placées après avoir foré un trou cylindrique dans lequel va être mis la charge qui va faire éclater la roche (contrairement à la pierre à bâtir le gypse, par sa destination, ne nécessite pas les mêmes précautions)
Une fois extrait, le gypse est transporté de la même manière que les terres et marnes.

Notons la méthode de Louis Barbeau, qui a fait l'objet d'une demande de brevet en 1849 : les carriers creusent dans la partie inférieure de la masse de gypse, voire sous celle-ci en ménageant des piliers. Ceux-ci sont alors minés pour les faire sauter. Tout un pan s'effondre, les masses supérieures au plus loin. Cela permet d'éviter tout le travail d'extraction des bancs un à un et le transport des terres recouvrant le gypse, celles-ci tombant au plus loin.

Les inconvénients de la méthode à ciel ouvert sont la perte des terrains pour l'agriculture et la quantité de matière à découvrir, mais, contrairement à l'extraction de calcaire grossier, elle est encore rentable car il est plus rentable de déblayer un sol pour extraire une épaisseur de 20 mètres de roche que de seulement 2m, sans compter que toute la masse peut être alors exploitée. Cela explique la quantité de carrière de gypse à ciel ouvert, alors qu'à à la même époque (à partir du XII-XIIIème siècle), la quasi-totalité de l'exploitation du calcaire grossier se faisait de manière souterraine. (Ce qui explique cela est aussi l'instabilité du gypse structurellent parlant : voir la partie suivante, méthodes d'extraction en souterrain.)

Les couches de marnes et argiles à enlever ne sont pas forcément perdues : celles-ci peuvent aussi être valorisées, ou du moins en partie.
Ainsi on note dans le "Paris illustré" - Nouveau guide de l'étranger et du parisien, de Adolphe Joanne publié en 1863 que les carrières des Buttes-Chaumont, exploitent aussi les marnes et les argiles situées dessus pour faire de la chaux et des briques vers 1860 et ce "depuis au moins 20 ans".

Dans ces mêmes carrières, le sol a été fouillé par l'exploitation sur 61m de profondeur.
L'aperçu géologique de M. André dans "la revue horticole", volume 38, 1867 permet de se faire une idée des couches de cette même carrière :

Marnes infertiles, effritées, irrégulières : 2m90
Glaise pure propre à la fabrication des briques : 5m
Marne blanche à teintes ferrugineuses disposée en feuillets ou sortes de lames régulières : 0m97
Calcaire argileux ou sorte de marne propre à la fabrication du ciment : 0m30
Marnes propres à l'agriculture : 1m05
Banc vert ou marne irisée : 0m95
Marne verte : 0m95
Marne rouge : 0m40
Marnes de couleurs variées, parfois bleue, dont on n'a pas encore reconnu l'utilité : 7m00
Marne pouvant être convertie en ciment par la cuisson : 1m00
Couches de plâtre alternées avec des marnes effritées : 6m00
Plâtre (sulfate de chaux hydraté) : 17m00
Mauvaises marnes de teintes variables : 6m00
Plâtre exploité : 6m
Marnes considérées comme mauvaises, sans emploi : 3m
Plâtre exploité : 2m80
Au-dessus de cette profondeur, qu'on n'a guère dépassée, se continue très probablement encore pendant longtemps la masse de plâtre dont on exploite la partie supérieure.
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 MessagePosté le: Sam 23 Avr 2011 - 17:25 Répondre en citant  
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  L'Isa
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carrière de gypse transformée en parc des Buttes Chaumont...



usine Lambert de Cormeille,(1910) toujours en activité et propriété de Plako-Saint-Gobain


début 20ième, site de la fosse Maussouin, Le Raincy/Gagny


enseigne publicitaire d'époque...


carrière Monzaigle, Villeparisis, "bois fleuri"



à suivre.
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 MessagePosté le: Sam 23 Avr 2011 - 19:17 Répondre en citant  
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  Blaise


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Superbe explication je mets ca de coté pour tout lire quand j'aurai le temps,

Le gypse fait parti intégrante du sol sur lequel nous vivons, et connaitre le milieu dans lequel nous vivons me semble important pour comprendre notre terre, nos vies et tout ce qui s'en suit.

Big up la Lisa
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 MessagePosté le: Sam 11 Juin 2011 - 06:25 Répondre en citant  
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Je suis bien d'accord avec toi le Blaise, et parler du gypse ne suffit pas, le gypse c'est d'abord des hommes, des histoires de vies et parfois, des vies entières passées sous la terre.....
Les carriers commencèrent à se révolter pour de bon au début du XXième siècle.

Voici au jour le jour, relaté le mouvement de révolte des ouvriers carriers de Méry sur Oise.
Au départ, il concernait toutes les carrières qui exploitaient les gisements de pierre et de gypse sous la forêt de Montmorency : Taverny, Bessancourt, Frépillon, Méry, Mériel, Villiers-Adam et Parmain.

Le 12 mars 1910 : Envoi d’un préavis de grève

Le samedi 12 mars, les carriers par la voie de leur syndicat national déposent leurs revendications dans les mains des patrons.

À tous, ils envoient un courrier précisant leurs revendications et font saisir un juge de paix, qui sera témoin de la négociation, comme l’oblige la réglementation du travail de l’époque.
En même temps, ils décident à l’unanimité que si les patrons ne fixent pas avant le 19 mars une date pour entrer en pourparlers avec la délégation ouvrière, aucun ouvrier ne rentrerait sur les chantiers des carrières le lundi 21 mars.

Du 12 au 21 mars 1910 : Une réponse par voie d’affichage public

Les patrons pour toute réponse firent coller sur les murs de Méry et des communes environnantes des affiches sur lesquelles ils déclarent qu’ils ne veulent discuter qu’avec leur personnel.
Ils refusent de reconnaître comme interlocuteurs, les représentants du Syndicat national des ouvriers carriers et tailleurs de pierre.
Ils envoient le texte de leur refus au siège du Syndicat Ouvrier.

Le 22 mars 1910 : Il est à craindre que les 800 carriers du bassin suivent le mouvement.

Dans leurs journaux quotidiens, les Français peuvent lire le mardi 22 mars :
« Une nouvelle grève vient d’éclater en Seine et Oise, dans la région de Pontoise où 350 ouvriers carriers ont abandonné le travail, hier matin, à Bessancourt, Méry sur Oise, Parmain et Villiers-Adam.
Ils étaient depuis trois semaines vivement sollicités de se joindre aux mouvements de grève de la région…. Les terrassiers travaillant au doublement de la voie ferrée, sur l’Ouest-État, entre Pontoise et Gisors, ont eux-mêmes abandonné leur tâche ».

En effet, le lundi 21 mars, comme ils l’avaient annoncé, les ouvriers carriers viennent de cesser le travail.

Ils déclarent qu’ils ne le reprendront que lorsque les patrons consentiront à discuter avec leur organisation syndicale et à accorder pleine et entière satisfaction à leurs revendications, qui sont :

- la suppression du tâcheronnat
- la journée de dix heures
- une augmentation de salaire
- la signature d’un contrat collectif, etc….

Il est à craindre que les huit-cents carriers du bassin de Montmorency ne suivent le mouvement.

Le 23 mars 1910 : La grève s’organise à Méry

La CGT soutient la grève des ouvriers carriers de Méry.

Elle leur a envoyé deux émissaires, les citoyens Vincent et Lapierre.
En outre, elle leur alloue quotidiennement une somme de 400 francs.
Le journaliste Pierre Tesche peut écrire dans son journal l’Humanité le 23 mars :

« Les camarades sont pleins d’entrain et d’énergie. Les soupes communistes, installées à la Coopérative fonctionnent régulièrement. Plus de 1.800 portions sont distribuées tous les jours.
Un délégué du syndicat est constamment sur les lieux.
Ces jours derniers une tentative de conciliation a été faite par le sous-préfet de Pontoise.
Les patrons la repoussèrent brutalement. Ils ont mis ainsi tous les torts de leur côté ».

Le 29 mars 1910 : Chacun reste sur ses positions. Premier défilé dans Méry

La grève des carriers qui dure depuis huit jours, demeure sans changement.
Les maîtres carriers et les ouvriers paraissent décidés à ne plus céder.
Ces derniers accompagnés de leurs femmes et de leurs enfants, ainsi que de leurs camarades champignonnistes, qui par esprit de solidarité avaient demandé la veille de se joindre à eux, se sont réunis salle Veuve Paul Bélier, au nombre de 560.
Après avoir entendu leurs meneurs, MM. Lecoq, Lapierre et Travert, exposer la situation et la mauvaise foi des patrons carriers qui se sont refusé à discuter avec eux, les grévistes ont décidé de ne réintégrer le travail que lorsque les maîtres carriers auront traité avec le syndicat.
A sortie de la réunion, une manifestation a eu lieu.
Elle a remonté la rue de Paris et s’est déroulée au chant de l’Internationale, drapeau rouge en tête.
A Frépillon elle prit fin, puis les ouvriers carriers et leurs familles se sont rendus à la soupe communiste, établie au siège de la coopérative, sur la place de la mairie.
Le sous-préfet de Pontoise était venu sur les lieux pour faire infléchir la conduite des patrons.
Sa démarche s’est soldée par un échec.

Le 30 mars 1910 : Le juge de paix tente une conciliation

Le juge de paix de l’Isle-Adam, tente une conciliation.
Les patrons vont-ils une fois encore refuser de négocier avec le syndicat ouvrier ?
Les ouvriers carriers font appel aux habitants de la région pour alimenter leurs soupes communistes.
En effet, tous les jours il est distribué entre 1.800 et 2.000 rations pour les 360 grévistes de Méry, qui sont pour la plupart chargés de famille.
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 MessagePosté le: Sam 11 Juin 2011 - 06:28 Répondre en citant  
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Le 05 avril 1910 : Réunion syndicale, puis défilé dans les rues de Méry.

A 2 heures, le 5 avril, a eut lieu la réunion syndicale quotidienne.

Ont pris la parole : M. Vincent, du syndicat des carriers et terrassiers de Seine et Oise, qui dénonça les conséquences qu’aurait la réussite du projet patronal et M. Trioulère, des tailleurs de pierre de la Seine, qui assure aux grévistes l’appui moral et financier de son organisation.

Après la réunion, une manifestation défila dans les rues de Méry, conspuant devant leurs demeures les patrons récalcitrants.

Drapeau rouge en tête, la manifestation prit fin sur la place de la mairie, où un gréviste clôtura cette manifestation par une chanson prolétarienne.

Le 06 avril 1910 : Réponse patronale au juge de paix, par voie d’affichage public.

En réponse à l’affiche de M. le juge de paix de l’Isle-Adam, les patrons carriers font apposer sur les murs de la région, une affiche dans laquelle ils font savoir qu’ils ne sont disposés à entrer en pourparlers qu’avec leurs ouvriers respectifs, chacun en ce qui le concerne.
De plus, ils déclarent qu’ils ne consentiront à écouter les désidératas des grévistes que lorsqu’ils auront réintégré les chantiers.
Sinon, ils se verront dans l’obligation de fermer les carrières et ce pour une durée indéterminée.
Lors de leur réunion hebdomadaire, tenue à Méry, les ouvriers carriers grévistes confirment qu’ils continuent la grève, malgré les menaces des patrons.
Puis ils partent manifester au chant de l’Internationale dans la direction de Mériel.
Les patrons carriers font courir le bruit qu’ils sont menacés des plus grands dangers et qu’ils ne sont pas en sûreté chez eux.
Ils se barricadent dans leurs maisons, fermant toutes les issues, jusqu’aux soupiraux des caves.
Ils font également courir le bruit qu’ils partent en villégiature, puisque leurs entreprises ne fonctionnent plus.
En attendant, les marmites des soupes communistes fonctionnent de plus belle, et les grévistes sont bien décidés à continuer la lutte.
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 MessagePosté le: Sam 11 Juin 2011 - 06:45 Répondre en citant  
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Le 07 avril 1910 : Grande manifestation dans les villages du bassin.

Les ouvriers carriers du bassin de Méry sur Oise, sont en grève depuis trois semaines.
Ils se livrent le jeudi 7 avril à une grande manifestation dans tous les villages de la région.
Au nombre de 400 environ, drapeau rouge en tête, ils parcourent les rues des diverses localités du bassin, se livrant à des démonstrations violentes sous les fenêtres des patrons, lesquels menacés avaient préalablement quitté le pays dans la matinée.
Dans les semaines précédent ce défilé, les grévistes n’avaient pas hésité à menacer les ouvriers qui s’étaient refusé à faire grève et continuaient à travailler.
Ces ouvriers étaient qualifiés de « jaunes ».
La gendarmerie avait été obligée d’enregistrer plusieurs plaintes pour entrave à la liberté du travail.
D’autre part dans la région les ouvriers agricoles des fermes de la Haute Borne à Méry, de Fromainville-Garenne à Achères, des Fonceaux à Poissy, des Grésillons à Carrières sous Poissy s’agitent à nouveau.
Ils réclament les augmentations de salaires, qui leur avaient été accordées sur le papier, après la grève de juillet dernier et qui ne leur sont pas payées. Ils menacent de reprendre de nouveau leur grève.

Le 11 avril 1910 : Les patrons carriers partent en villégiature.

Les patrons carriers ne sont pas encore rentrés de villégiature.
La lutte ouvrière n’en continue que plus vive et plus ardente.
Très peu de défection dans les rangs des grévistes, qui semblent plus motivés que jamais.
Ils continuent leurs actions de souscriptions à Méry et les environs pour alimenter les marmites de leurs soupes communistes.
La population de Méry et des environs soutient généreusement les carriers, elle a déjà versé 800 francs au Comité de grève, ainsi que des dons en nature.
Les syndiqués des tailleurs de pierre de la Seine ont envoyé 200 francs.
Sur les chantiers des carrières, les grévistes montent une garde vigilante afin que pas un morceau de pierre n’en sorte.
Le journal l’Humanité soutient leur action et écrit dans ses colonnes :

« Bravo, les camarades carriers ! Debout et tenez bon ! De la volonté, de l’énergie, et vous arriverez à triompher de l’insolent dédain de vos patrons ! ».

Le 11 avril 1910 : Les maçons de l’Isle-Adam cessent également le travail.

La grève fait tache d’huile chez les maçons de l’Isle-Adam, où 250 maçons ne reprennent pas le travail le lundi 11 avril 1910.

Ils réclament une augmentation de dix centimes par heure de travail.
Les patrons font appel à la gendarmerie pour aller chez les ouvriers les plus indécis et pour les inciter à retourner travailler.
Ils jouent de leur influence auprès des commerçants, leur demandant de refuser les crédits aux ouvriers récalcitrants.

Le 13 avril 1910 : Manifestation devant la préfecture à Versailles.

Devant la préfecture de Versailles, le 13 avril, les grévistes de Seine et Oise défilent.
Ils sont pourchassés dans la ville pendant toute la matinée par des rondes volantes de dragons, car l’armée a été appelée en renfort.
A onze heures, M. Autran, le préfet de Seine et Oise, reçoit une délégation des patrons des diverses corporations dont le personnel est en grève et se fait exposé les revendications présentées par les ouvriers.
Aucun accord ne peut être trouvé lors de cette entrevue, qui dure plus de deux heures.
Les patrons des diverses corporations en grève dans la Seine et Oise démontrent à M. Autran que les désidératas des ouvriers sont inapplicables. Leur argumentation tient dans le fait que les grévistes exigent l’application des tarifs ouvriers de Paris.
Mais leurs confrères de Paris n’ont pas à supporter les charges qu’ils ont, notamment pour le coût des transports.
Ce même jour, à l’audience des flagrants délits de la deuxième chambre du tribunal correctionnel de Versailles, le secrétaire du syndicat des terrassiers de Versailles, Eugène Chermat est reconnu coupable de violences et d’entraves à la liberté du travail.
Il est condamné à deux mois de prison, avec sursis.
Condamnation, somme toute théorique et très légère, prise afin d’apaiser les esprits.

Le 15 avril 1910 : Les esprits s’échauffent à Méry.

Les ouvriers agricoles des fermes de la ville de Paris, données en concession à M. Léthias demeurant à la Haute-Borne à Méry, n’ont pas reçu les augmentations de salaires négociées lors de leur dernière grève.
Ils viennent de lui envoyer un cultivateur en délégation pour l’inviter à faire savoir dans les trois jours, s’il consent à observer les clauses du contrat signé.
Ils menacent de reprendre leur grève.
La nuit dernière, un incendie a tenu éveillé le personnel de la ferme de la Haute-Borne.
Une grosse meule de luzerne était la proie d’un incendie depuis huit heures du soir.
L’incendie n’a put être conjuré définitivement que vers deux heures du matin.
L’enquête aussitôt ouverte par la gendarmerie locale fait peser des soupçons sur quatre individus, mêlés de très près à l’organisation de la grève qui se poursuit depuis environ un mois parmi les ouvriers du bâtiment, maçons et carriers, du canton de l’Isle-Adam.

À Chauvry, hier après-midi, M. Laroche, adjoint au maire, travaillait dans son champ, lorsqu’un individu nommé Denis Chaulois vint l’y menacer. La gendarmerie de Moisselles, sur la plainte de M. Laroche, s’est rendue dans la commune hier après-midi et y a procédé à l’arrestation de Denis Chaulois, âgé de trente-huit ans, syndicaliste convaincu, déjà dix fois condamné.
Le parquet de Versailles le faisait rechercher pour purger une condamnation d’un mois d’emprisonnement, prononcée en octobre dernier pour entraves à la liberté du travail.

Avec les grévistes de Villiers-Adam et de Méry, Chaulois « sommait » les habitants de Chauvry et de la région de donner de l’argent ou des provisions alimentaires pour les soupes communistes.
Une trentaine de terrassiers grévistes voulurent s’opposer à son arrestation et décidèrent qu’ils le délivreraient lorsqu’on l’emmènerait à Pontoise.
Les gendarmes durent enfermer leur prisonnier dans une voiture et partir à un moment où on ne s’y attendait pas, pour éviter leurs adversaires.

Le 19 avril 1910 : Fin de la grève des maçons à Parmain, l’Isle-Adam.

La grève des ouvriers maçons s’est terminée, hier à Parmain et à l’Isle-Adam, à la suite d’un arbitrage du juge de paix de cette dernière localité. Le juge de paix du canton de Saint-Germain en Laye a, de son côté, proposé l’arbitrage aux grévistes du bâtiment de Saint-Germain et une entente paraît probable à bref délai.
A Versailles, on a constaté, hier, une reprise partielle du travail, sauf parmi les couvreurs et les éboueurs.
Toutefois, quelques incidents se sont produits et les dragons ont dû charger, boulevard du Roi, pour disperser des grévistes qui voulaient renverser des tombereaux.

Le 21 avril 1910 : Les maçons de Poissy entrent dans la danse.

Les maçons de Poissy se sont réunis au nombre de 200 environ, salle de la Mairie.
Ils ont décidé de présenter des revendications à leurs entrepreneurs et leur ont donné vingt-quatre heures pour les accepter ou les refuser.
Si au soir du vendredi 22 avril, les patrons n’ont pas adhéré aux demandes de leurs ouvriers, la grève sera déclarée.

À Saint-Germain, la grève des maçons est en décroissance.

À Méry sur Oise, malgré le départ des patrons carriers des propriétés où ils demeurent, les ouvriers carriers ne baissent pas les bras.
A leur réunion habituelle, M. Gallois, délégué de la Fédération du bâtiment prit la parole et les encouragea à poursuivre leur mouvement.
Après la réunion, ils firent une grande manifestation dans les rues.
La chasse aux « jaunes » continue et lorsque les grévistes en découvrent, ils vont les chercher, leur accrochent une grande pancarte dans le dos où est écrit :
« Regardez un jaune » et les placent en tête des manifestations.

Le 22 avril 1910 : Premières violences physiques.

Après six semaines de grève, un incident violent vient d’avoir pour théâtre, la nuit dernière, les galeries d’une carrière de Villiers-Adam, exploitée par M. Labrousse, maire de cette commune et son associé, M. Roux. Dans la soirée d’avant-hier, quatre « jaunes » étaient allé s’allonger pour dormir, auprès des fours de la carrière Labrousse et Roux.
Ils furent tirés soudain de leur sommeil par la venue de deux autres grévistes, qui exigèrent la présentation d’une carte d’affiliation à un groupement syndical reconnu par la CGT.
Devant la résistance des ouvriers chaufourniers, les grévistes tirèrent six coups de revolver sur le groupe des dormeurs et engagèrent une bagarre au corps à corps et les lapidèrent, alors qu’ils étaient encore étendus, avec des pierres à chaux destinées à la cuisson.
Sur les quatre dormeurs, le plus grièvement atteint est un nommé François Desesquelles, âgé de 47 ans, qui ne porte pas moins de cinq blessures à la tête, a le nez écrasé et se plaint de lésions internes.
François-Marie Prigent, 32 ans et Louis Leduc, 39 ans, rossés à coup de pied et de poing, ont également porté plainte à la gendarmerie de Méry sur Oise.
Le quatrième dormeur, Aristide Dagrave, a été épargné par les deux agresseurs.

Le 23 avril 1910 : La grève s’étend aux cimenteries.

Le 23 avril, à la veille du premier tour des élections législatives, Le Petit Journal annonce que les cimentiers en Seine et Oise se joignent eu mouvement de grève des carriers de Méry :

« Les ouvriers cimentiers des usines de Guerville et Dennemont se sont mis en grève. Dans la matinée d’hier, ils sont allés à Mantes au nombre de trois cents environ, drapeau rouge déployé, en chantant l’Internationale et précédés par M. Goust, maire de Mantes, se sont rendus à la sous-préfecture où a eut lieu une longue entrevue. Les grévistes demandent une augmentation de salaire ».


Le 24 avril 1910 : Premier tour des élections législatives.

Rarement on a vu d’élections générales aussi calmes, aussi dépourvues d’incidents, d’éloquence et d’intérêt que celles de 1910.
Dès le premier tour, la France voit un déferlement des Républicains de gauche.
Le basculement de l’opinion publique vers les Républicains de gauche était attendu par le pouvoir en place.

Le 25 avril 1910 : Sanglantes échauffourées à Saint-Denis.

A Epinay, les ouvriers terrassiers occupés à la réfection de la voie ferrée de la Compagnie du Nord étaient en grève depuis une dizaine de jours.

Chaque jour, après leur réunion syndicale, ils allaient manifester, sans incident notable, dans les localités environnantes.
Ce lundi, après leur réunion salle Ferrer à Saint-Denis, deux cents grévistes partirent vers la place de la gare en chantant l’Internationale.
Ils furent refoulés.
Une nouvelle colonne de gréviste se reforma vers 14h, rue Coignet où se trouvait un poste de police.
Les policiers n’arrivant pas à disperser les manifestants qui lançaient des pierres, ils appelèrent les cuirassiers d’infanterie qui chargèrent.
Lors de la charge, l’un des policiers, le sous-brigadier Courniot, blessa gravement d’une balle dans le flanc l’un des deux cents terrassiers grévistes qui envahissaient la ligne de chemin de fer entre Saint-Denis et Epinay.
Le jeune manifestant avait 21 ans et s’appelait Jean-Louis Philippe.

Le 27 avril 1910 : Le 120e de ligne surveille de la ligne de chemin de fer.

Les brigades de gendarmerie du canton de Montmorency et plusieurs détachements du 120e de ligne sont placés en surveillance des lignes de chemin de fer de la Compagnie du Nord sur les directions de Creil, de Beaumont et de Pontoise pour prévenir toute tentative de sabotage de la part des grévistes de Saint-Denis.
A Méry, une nouvelle tentative de conciliation est actuellement faite par le sous-préfet de Pontoise, mais il est fort probable qu’elle n’aura encore aucun résultat.
Les ouvriers carriers préparent leur manifestation du 1er Mai.

Le 1er Mai 1910 : Les manifestants défilent de Méry à Vaucelles.

Le 1er mai se passe sans incident grave dans une région Parisienne mise sous haute surveillance de l’armée.

A Méry sur Oise, la manifestation du 1er Mai fut grandiose.
Le rassemblement eut lieu sur la place.
Les manifestants se rendirent ensuite rue de l’Isle-Adam.
Là, un conseiller municipal remplaça la plaque existante par une autre portant : « Rue Francisco Ferrer ».
Tous les travailleurs réunis saluèrent cet acte par les cris de :
« Vive Ferrer, vive la Liberté ».
Puis le défilé partit de Méry avec 400 participants, il traversa les rues de Sognolles, Taverny, Vaucelles, Frépillon et arriva à Villiers-Adam avec 800 personnes au moins.
Un grand meeting fut alors organisé salle Guébet où M. Bourrassée du Syndicat des Carriers de Seine et Oise et M. July, délégué de la Fédération du Bâtiment firent l’historique du travail fait par la classe ouvrière jusqu’à ce jour et du chemin qui restait à parcourir.
Au retour à Méry, un nouveau meeting eut lieu. Une collecte faite au cours de cette manifestation rapporta 70 francs, qui furent versés à la coopérative ouvrière qui s’occupe des soupes communistes.
La manifestation produisit une impression énorme dans le pays à peine touché par l‘évolution syndicale révolutionnaire.

Le 2 Mai 1910 : Répression sanglante à Dunkerque.

Le 2 mai, de violentes émeutes ont lieu à Dunkerque où les troupes de dragons à cheval chargèrent les grévistes du bâtiment qui étaient plus de 6.000 et qui se protégèrent en élevant des barricades.

Le 07 mai 1910 : 50 gendarmes réquisitionnés pour aller à Méry.

Les ouvriers champignonnistes viennent de se mettre en grève pour obtenir une augmentation de salaire.

Six patrons ont déjà accepté de signer le contrat qui leur a été présenté par le syndicat.
En raison de l’agitation qui règne parmi les champignonnistes et les carriers de Méry sur Oise, 50 gendarmes viennent d’être réquisitionnés à Pontoise et à Versailles à la demande de M. Duvernois, sous-préfet de Pontoise.

Le 08 mai 1910 : Sabotages à Méry et Villiers-Adam.

Les grèves des carriers et des champignonnistes de la région de Méry sur Oise et de Villiers-Adam ont donné lieu à plusieurs actes de sabotage. Un bourrelier, Gabriel-Paul Favreau, âgé de 52 ans a été arrêté pour entrave à la liberté du travail.
Deux carriers, André Jouanne et Octave Couanaut, qui avaient dételé, renversé et brisé un tombereau dans la cité de Menandon (Cergy), ont également été arrêtés et écroués à Pontoise.
A Saint-Germain en Laye, une tentative d’arbitrage n’a pas donné de résultats et les maçons ont voté la continuation de la grève.

Le 12 mai 1910 : Réponse explosive des patrons carriers aux propositions ouvrières.

Début mai, quelques ouvriers carriers grévistes de Méry avaient demandé par l’intermédiaire du maire de la commune, d’entrer en pourparlers avec les patrons carriers de Méry.
Cette idée de médiation leur avait été suggérée par des tâcherons travaillant pour la Compagnie Civet et Pommier.
Les patrons carriers se réunirent le 3 mai et eux, qui jusqu’ici avaient fait aux non-grévistes des promesses d’augmentation de salaire, reviennent aujourd’hui sur ces propositions.

Réponse des patrons aux jaunes :
"Répondez aux ouvriers qui sont venus vous trouver que nous consentons à ce qu’ils reprennent le travail, à la condition absolue que la reprise aura lieu simultanément dans tous les chantiers, aussi bien chez nous que chez nos confrères.
Les prix payés seront les mêmes qu’avant la grève.
Les ouvriers accepteront formellement de se soumettre au réglement que nous élaborons et que nous leur ferons connaître.
La pierre de Méry ayant été supprimée dans la plupart des affaires où elle était prévue, en raison de la grève, le nombre des heures de travail sera réduit jusqu’à nouvel ordre et subordonné à nos besoins.
Si les ouvriers acceptent ces conditions, la reprise en tout cas ne pourra avoir lieu que le 18 courant." Signé : Hennocque fils.

Dans leur réunion tenue hier matin, les grévistes ont condamné comme il convient ce texte.
Ils se sont refusés à toute entente dans de pareilles conditions et ont pris les mesures suivantes pour poursuivre leur lutte :

- Tout d’abord, ils permettent à tous de s’embaucher partout où ils pourraient trouver du travail et en premier lieu, sur les travaux de chemin de fer qui s’effectuent actuellement sur les lignes des Chemins de fer du Nord.

- Les soupes communistes continueront à fonctionner. Tous les grévistes embauchés s’engageront à continuer de participer aux soupes communistes. Ils verseront la moitié de leurs salaires à la coopérative ouvrière.

- D’autre part, tous ceux qui cesseront de se servir de la « popote communiste » verseront 75 centimes par jour, pour être versés aux autres grévistes qui restent et qui sont chargés de la garde des chantiers. Ce sera pour ces derniers « le sou de poche ».

Les grévistes réaffirment qu’ils auront raison de l’intransigeance patronale.

Le 13 mai 1910 : Isolés, les maîtres-carriers de Méry sur Oise s’obstinent.

Dans les plâtrières de Seine, Seine et Oise et Seine et Marne, un accord global vient d’être signé entre la CGT et les patrons carriers.
Le journal l’Humanité rend compte de cette négociation dans ses colonnes :

« Le 20 avril dernier, le citoyen Lapierre, secrétaire de l’Union syndicale des travailleurs de Seine et Oise, adressait à la direction de la société « Le Plâtre », composée d’environ soixante patrons ou établissements, une lettre demandant une entrevue pour régler les conditions de travail et de salaires dans les plâtrières situées dans les départements de la Seine, Seine et Oise et Seine et Marne.
Le secrétaire de l’Union ajoutait que des dispositions seraient prises, en accord avec la Fédération du Bâtiment, dans le plus bref délai si la Chambre syndicale patronale ne répondait pas à l’offre de discussion des travailleurs organisés.
Il adressait en même temps au siège de la Société, 39, rue Meslay, un projet de contrat.
Le 3 mai, avait lieu la première entrevue au cours de laquelle, après discussion, les propositions ouvrières étaient acceptées en principe.
Hier a vu la signature du contrat suivant entre les délégués patronaux et ouvriers :

Entre les soussignés… Il a été convenu ce qui suit :

Art. 1– Le présent contrat est applicable dans toutes les carrières et usines à plâtre des départements de Seine, Seine et Oise et Marne,

Art. 2 – Le salaire minimum pour les différentes catégories d’ouvriers est de :

- 0,70 l’heure pour les caveurs boiseurs,
- 0,65 l’heure pour les carriers employant la poudre,
- 0,60 l’heure pour les ouvriers des carrières,
- 0,55 l’heure pour les ouvriers d’usines et les charretiers-wagonniers,
- 5,50 la journée pour les charretiers sur route à un cheval,
- 6 fr. la journée pour les charretiers sur route à deux chevaux,
- 6 fr. 50 pour les charretiers sur route à 3 chevaux,
- 3 fr. la demi-journée de pansage du dimanche. Il sera alloué une plus-value de 10% sur toutes les heures passées à des travaux faits dans l’eau ou à des travaux de réparations dans le cavage sur échafaudages.

Art. 3 – Le repos hebdomadaire sera appliqué sans aucune dérogation, sauf pour les travaux d’entretien et les travaux d’un caractère urgent.

Art. 4 – La durée maxima de la journée de travail sera de 11 heures.

Art. 5 – Il est interdit d’une façon absolue aux patrons directeurs, chefs de chantiers, d’avoir des cantines près des usines ou des carrières.

Art. 6 – La paie a lieu tous les quinze jours, et le prêt journalier est égal aux 4/5 du salaire de la journée.

Art. 7 – L’outillage et la lumière seront fournis par le patron.

Art. 8 – Une carte sera délivrée par le patron à chaque ouvrier dès son embauchage et cette carte mentionnera la profession et le prix de l’heure.

Art. 9 – Les délégués des syndicats ouvriers seront autorisés à vérifier cette carte au moment de la paie.

Art. 10 –Pendant l’hiver, une entente s’établira entre les délégués des syndicats ouvriers et les différents patrons pour atténuer le chômage par une réduction des heures de travail.

Art. 11 – Le présent contrat est applicable à partir du 16 mai 1910 jusqu’au 31 mars 1911 par tacite reconduction, pour neuf mois, pour la période du 1er avril 1911 au 31 décembre.

Ont signé :

- Les patrons : Aubry-Pachot et Cie à Gagny, Audebert à Montmagny, Becker à Villemomble, Bertolle à Villiers le Bel, Birckel à Sannois, Chatellier à Villejuif, Desforges frères à Vitry sur Seine, Dian et Magot à Sannois, Dumont et fils à Neuilly-Plaisance, Eterlet à Chelles, Ferry-Bresseau fils et Cie à Vitry sur Seine, Franck de Préaumont à Taverny, Gabriel à Rosny, Grivellé-Pachot à Gagny, Hannecourt au Raincy, Labrousse-Roux et Cie à Mériel et Villiers-Adam, Lamarque et Cie à Neuilly-Plaisance, Landry à Saint-Brice sous Forêt, V. Letellier et Cie à Méry sur Oiise, Manuel à Argenteuil, Mussat à Gagny, Romainville et Villemmble, P.. et E Pachot fils à Livry, Rabourdin à Livry, Rouzée à Bessancourt, Etablissement Paupy à Vitry sur Seine, Etablissement Poliet et Chausson à Gournay, Société des Plâtrières du Midi à Vitry, Société des Plâtrière réunies du Bassin de ¨Paris, Chevallier à Livry, Dindin à Vaujours, Goudeau et Mithard à Argenteuil, Parquin à Villeparisis, Pers à Noisy le Sec, Nanhrantegem et Vioujat à Villetaneuse et Pierrefitte.

- Les syndicats : Carriers de la Seine, Carriers de Seine et Oise, Bâtiment de Livry, Bâtiment de Montmorency, Bâtiment de Neuilly-Plaisance, Bâtiment d’Argenteuil, Bâtiment de Chelles, Bâtiment d’Annet, Bâtiment de Villeparisis, Syndicat des carriers meuliers et terrassiers de la Ferté sous Jouarre. Ajoutons qu’en outre des adhérents de la Société « Le Plâtre », on compte également sur l’adhésion de 8 patrons de Triel, Vaux et Meulan, ainsi que MM. Barbeau à Argenteuil et Châtillon et Bagneux, Bertaux à Argenteuil, L. Letellier, Douard, Garcin, Labour et Le Poiré frères à Claye, Annet et Livry ».

Les huit patrons carriers de Méry sont les seuls à ne pas avoir signé ce protocole d’accord.
Ils s’obstinent dans leur intransigeance et se sont isolés des autres patrons carriers de la région.
Les ouvriers carriers de Méry voient-ils enfin le bout du tunnel arriver ?
Cela fait deux mois qu’ils n’ont pas reçu de salaire…. Cela fait deux mois que leurs dettes s’accumulent et qu’ils sont obligés d’aller avec leurs familles aux soupes communistes, sur la place de la mairie pour se nourrir, pour survivre…
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Les carriers, des hommes de l'ombre......



La seconde moitié du XIXe siècle et le début des années 1900, voit arriver en Ile de France alors Seine et Oise pour partie, les premiers immigrés venant de Normandie, du Limousin, de Picardie.
Certains venaient même du nord de l’Italie, où ils fuyaient la famine et la misère qui régnaient alors dans leur pays.
Ils s’engagèrent pour la plupart dans l’agriculture locale, qui manquait cruellement de main-d’œuvre.
Ils s’installaient comme ils pouvaient, vivant avec leurs familles nombreuses dans des conditions misérables, car les emplois qui leur étaient proposés étaient souvent les plus durs physiquement et les plus mal payés.

Le bouche à oreille faisant son œuvre, ces immigrés se font embaucher comme maçons, terrassiers, manœuvres ou ouvriers carriers, car les carrières de craie et de gypse étaient alors en plein essor.
Mais le travail y est harassant, malsain, sale et qui plus est fort dangereux et mal payé.

Les ouvriers carriers gagnaient à la fin du XIXe siècle entre 2,50 et 3,50 francs par jour alors qu’un ouvrier menuisier gagnait entre 4 et 5 francs.


Normands, Limousins, Picards ou Italiens, se transforment en petits « hommes blancs », soumis à l’obscurité, au froid et à l’humidité des carrières.
De plus, ils respirent énormément de poussière.
Leur espérance de vie dépasse rarement 40 ans.
Un dicton local racontait que "24 heures passées dans une carrière ôtaient 6 heures de vie à celui qui en a avalé la poussière."

La reconnaissance des maladies professionnelles n’existait pas à l’époque, et rares furent ceux qui termineront leur vie sans être atteint de rhumatisme articulaire, cécité ou de désordres respiratoires.

Fortes têtes, soumis à des conditions de travail qui leur donnaient des forces physiques peu communes, leur résistance à l’effort, leur habitude à la souffrance et leur absence de crainte vis-à-vis des blessures ou de la mort, firent qu’échauffés par l’alcool, ils furent classés comme des individus peu recommandables par la population paysanne.
Ils formaient une véritable « caste de parias » désignés sous le nom de « malféra ou malfrancs », d’où l’on tira ensuite le mot français de
« malfrats ».
Voilà ce qu’écrit à leur sujet un enquêteur en 1910 :

« Ils ne sont jamais du pays ; parmi ceux que j’ai approchés, l’un était de Beauvais et avait fait avant d’entrer à la carrière toutes sortes de métiers ; un autre était breton, un troisième ancien mécanicien sans ouvrage, avait pris cette situation en attendant mieux ».

Contrairement à l’ouvrier mineur de fond qui était attaché à son métier, l’ouvrier carrier n’exerce le sien qu’à regret.
Peut-être est-ce dû au faible niveau de sa rémunération ou à la négligence que mettent les patrons carriers à ignorer tout ce qui regarde le bien-être de leurs ouvriers.
Mais les ouvriers carriers leur rendaient cette justice : les patrons de carrière étaient presque tous détestés, même parfois haïs.

Pour compenser la faiblesse des salaires, les carriers étaient astreints à travailler beaucoup.
Les journées de travail de 13 à 15 heures étaient la monnaie courante de leur existence.
Ils étaient payés chaque mois, mais à la tâche, par mètre cube de pierre extrait.
Malgré cela, leurs conditions de vie restaient tellement misérables que pour nourrir la famille, femmes et enfants devaient également travailler.
Il n’y avait aucun jour de repos dans la semaine.
Ils travaillaient 7 jours sur 7.
Ils n’avaient droit au repos qu’une journée toutes les cinq semaines, le lendemain du versement du salaire mensuel.
Cette journée tombait toujours un dimanche.
Le seul moment d’arrêt dans la journée de travail était celui du petit somme qu’ils faisaient, étendus par terre sur le « cron » (poussière de pierre de gypse), à l’entrée de la carrière, après le déjeuner de midi.

Voici le témoignage de M. Jean D. sur les conditions de travail. Il avait commencé à travailler à 15 ans, en 1927, comme carrier dans une carrière-plâtrière :

« J’avais été embauché pour conduire un cheval car je n’avais pas la force d’un adulte pour exécuter la tâche de carrier. Je commençais à 6h30 et, après avoir donné à manger et à boire à mon cheval, je l’attelais à un tombereau et nous descendions afin d’assurer le premier relais au fond de la carrière, près du front d’abattage.
Mon tombereau rempli, je le ramenais jusqu’à un poste de relais ou un autre ouvrier me l’échangeait contre un vide.
Ainsi, toute la journée je faisais la navette.
À midi, je remontais le cheval à l’écurie extérieure et lui donnais à manger.
La pause terminée, nous redescendions jusqu’au soir dans le noir des galeries ».

Les employeurs augmentaient substantiellement leurs revenus en établissant près de l’entrée des cavages des estaminets-épiceries,
appelés « cantines », où ils vendaient du vin, préparaient des repas et vendaient à crédit de la nourriture.
Certains logeaient leurs ouvriers dans les maisons du pays, déduisant du salaire, en plus des frais divers (outils, huile ou pétrole pour les lampes…), leurs loyers.
Les carriers devenaient alors entièrement dépendants de leur patron.



Dans ces maisons, le confort n’était pas au rendez-vous. Pas d’eau courante - au mieux l’eau était à la pompe dans la cour et si ce n’était le cas, il fallait avec brocs et seaux, aller la chercher à la fontaine publique.
Pas d’électricité, l’éclairage se faisait à la bougie ou la lampe à pétrole.
Pas de chauffage dans les chambres, la seule source de chaleur était donnée pour toute la maisonnée par la cuisinière de la salle commune, où vivait l’ensemble de la famille.
Pas de salle de bains, ni de WC.
Les toilettes étaient dans la cour et l’on se lavait chaque jour à la cuvette, au-dessus de l’évier.

La tenue de travail des ouvriers carriers ne comporte qu’une mauvaise chemise, souvent ôtée sur le front de taille à cause de la transpiration, un tablier de cuir protégeant le torse des éclats et les genoux quand ils « souchèvent » leur « blot », un pantalon de grosse toile et de mauvais godillots, mangers par les eaux stagnantes de la carrière.
Un foulard, noué autour du coup leur permet de s’éponger de la sueur et d’ôter la poussière de craie sur leurs paupières, qui brûle et irrite leurs yeux.

Voici la description saisissante du carrier que nous donne Alexandre Dumas dans son livre « Le trou de l’enfer » :

« L’aspect des carriers est en général sinistre.
Le jour, leur œil clignote, à l’air leur voix est sourde.
Ils portent les cheveux plats, rabattus jusqu’aux sourcils ; une barbe qui ne fait que tous les dimanches matins connaissance avec le rasoir ; un gilet qui laisse voir des manches de grosse toile grise, un tablier de cuir blanchi par le contact de la pierre, un pantalon de toile bleue.
Sur une de leurs épaules est une veste pliée en deux, et sur cette veste pose le manche de la pioche ou de la besaiguë qui, six jours de la semaine, creuse la pierre ».



La présence d’ouvriers étrangers, notamment d’Italiens venant des régions pauvres du Nord de l’Italie, était souvent l’objet de discorde et de sectarisme de la part des ouvriers français.

En raison de leur statut d’étrangers, ils étaient souvent indifférents à la constitution d’un syndicalisme national.
Cette indifférence arrangeait bien le patronat qui trouvait en eux un personnel docile, malléable et surtout travailleur.
Cependant, au tout début du XXe siècle, l’exploitation des carrières de craie et de gypse fut émaillée de graves crises sociales.
Par l’intermédiaire du syndicat ouvrier C.G.T. des Terrassiers et Carriers (non reconnu par le syndicat des patrons), ils demandent que des augmentations de salaire soient prises afin d’améliorer leur sort et celui de leur famille.

En face d’eux, un patronat tout puissant, intransigeant et incontournable, qui n’a d’ordre à ne recevoir de personne – pas même du gouvernement - et qui contrairement aux autres corporations n’est soumis à aucune contrainte en matière sociale ou de prévention des accidents ; hormis le décret du 18 février 1892, qui ne leur impose que de se faire contrôler par les fonctionnaires du service des Mines et à faire dresser le plan de leurs exploitations.

Les carriers de France ne durent leur premier jour de repos hebdomadaire qu'à la plus importante catastrophe minière d’Europe, qui se produisit en 1906 à Courrières près de Lens.
Elle fit officiellement 1099 morts.
Les ouvriers s’étant mis en grève, Georges Clemenceau qui était ministre de l’intérieur, leur envoya pour régler le problème, 20 000 hommes de troupe armés et 10 000 gendarmes.
La loi du 29 juin 1894 qui institua le premier régime de prévoyance en faveur des travailleurs du sous-sol, ne fit pourtant rien contre l’absence totale de réglementation sociale dans les mines et les carrières.
Ce n’est qu’à partir de 1970, que les pouvoirs publics commenceront à édicter des lois protégeant les ouvriers mineurs et carriers… soit 40 ans après leur quasi-disparition dans notre région...

Sources : archives municipales, journaux d'époque, travail de Jean-Pierre Auger.
http://www.histoire-genealogie.com/
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Dernière édition par L'Isa le Sam 11 Juin 2011 - 07:12; édité 2 fois
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Pour le plaisir et en souvenir de ces hommes :

ballade à Montzaigle (Villeparisis)

http://villeparisis-histoire.over-blog.com/categorie-10413736.html

après le texte sur l'âne de Villeparisis.
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 MessagePosté le: Ven 17 Juin 2011 - 16:05 Répondre en citant  
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Histoire locale du gypse :


La présence de l’homme préhistorique est attestée dans la région depuis 150 000 ans.
Il a commencé à utiliser le gypse au cours de la dernière glaciation.
C'est dans un premier temps pour se protèger du froid qu'il a creusé les coteaux de gypse.
Dans une carrière de gypse de Romainville, au lieu-dit « Les Molibous »° fut découvert un squelette humain datant du Moyen-Age.

L’exploitation du gypse ne commencera qu’à l'époque galo-romaine.
L’utilisation du plâtre est connue depuis le IIe siècle en Aulnoye.
Il provenait de l’extraction à ciel ouvert de la première masse et peut-être de la seconde masse de gypse.
Cependant il est possible qu’il fut exploité bien avant par quelques populations qui s’étaient implantées dans les massifs forestiers au nord-est de Paris, dont la forêt de Bondy est un vestige.

De la période des invasions Barbares et celles des Francs, peu de choses sont connues.
On peut toutefois penser que l’exploitation du gypse s’arrêta car ces derniers apportèrent avec eux la construction en bois.
L’extraction ne semble reprendre qu'à partir du Vième siècle avec les Mérovingiens dans le contexte de fabrication de sarcophages.

C’est sous l'influence des moines cisterciens (vers le XIIe siècle) que l’extraction du gypse va prendre son essor pour les besoins locaux, les édifices religieux et militaires.

En 1222, une charte mentionne une pièce de terre au lieu-dit « La plâtrière de Montfermeil ».
C’est le plus ancien document écrit à ce sujet.
D’autres indiquent des plâtrières à Livry ou Coubron en 1442, à Noisy-le-Sec vers 1500, à Livry en 1581 et 1663, entre Livry et Vaujours en 1668.
En 1552, un lieu-dit « Les trous de Chelles » existait déjà à Gagny (Arch. Nat. Y97).
Les Archives nationales (S 5098-A) mentionnent aussi un lieu-dit « Les Plastriers » en 1683.
On connait pour cette période quatre marchands plâtriers et cinq plâtriers qui exercent sur la commune.
Il s’agit de Guillaume Henry en 1643.
Marc Moreau dit Préaumont et Noël Aubert en 1658.
François Colas en 1681, marchand platrier.
Gilles Mouton « greffier et plâtrier » en 1692.
Louis Leroux en 1710.
Jean Fournage en 1722.
Nicolas Fournage en 1753.
François Rochais en 1773.

Les levées géométriques de l’abbé de La Grive (carte des environs de Paris, feuille n°2) de 1740 mentionnent de nombreuses plâtrières dans le massif de l’Aulnay dont deux exploitées à ciel ouvert à Gagny.
L’une est située vers Le Raincy et l’autre au centre.
Chacune avait une superficie d’environ un hectare.
Au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle, une troisième carrière apparait à l’est vers Chelles.
La superficie était déjà de deux hectares et demi environ alors que celle des deux précédentes avait à peine augmentée.
En 1786, la paroisse de Gagny possède environ 10000 mètres carrés de terre qui étaient d’anciennes plâtrières.
Cette même année, un aveu mentionne deux lieux-dits : « Les carrières » et « Sur les carrières ».
Ce deuxième lieu-dit pourrait indiquer l’une des premières exploitations souterraines de Gagny.
C’est en effet à cet endroit qu’une carrière de seconde masse a été topographiée au début du siècle.
Le plan montre des galeries creusées de façon anarchique.
Cette carrière serait contemporaine du XVIIIe siècle.
Le même aveu indique le lieu-dit « Les carrières de Saint-Germain » (au centre de Gagny).
En 1794, le registre de délibération du conseil municipal mentionne la rue des plâtriers qui correspond aujourd’hui à la rue Jules Guesde.

Après la Révolution, en 1793, un riche propriétaire, l’agronome Payen fut accusé d’accaparement.

Les carrières qu’il avait acheté en friches à Mme Michel furent vendues.
On y comptait quatre fours à chaux ainsi qu’un canal permettant l’acheminement du gypse jusqu’au port de Gournay-sur-Marne.
C’est Payen qui avait fait creuser ce canal.
Les carrières furent rachetées comme bien national par M. Saint-Pierre qui leur donna son nom.
En 1845 M. Alexandre Henri Victor exploitait une carrière de gypse à ciel ouvert.
Le XIXe siècle est marqué par un progrès considérable des techniques.
L’arrivée du chemin de fer va modifier l’organisation de la plus ancienne industrie du pays d’Aulnoye.
En 1846, la municipalité convainc la compagnie de chemin de fer de construire une station à Gagny et non à Villemonble.
Pour ce faire elle avança le chiffre de sa population très supérieur à celui de sa concurrente, insista sur la présence de sa carrière de pierres à silex et de ses « six belles carrières de pierres à plâtre en pleine exploitation, quand Villemonble n’en possède qu’une presque abandonnée (…) et que les hauteurs qui couronnent la commune présentent des masses gypseuses d’une grande richesse n’attendant que la proximité d’un point de déchargement pour s’ouvrir à l’industrie. »
Le chemin de fer et la construction d’une gare furent une aubaine pour l’évacuation des matériaux extraits des carrières.
Il y avait bien le « canal de Monsieur Roger » qui servait à acheminer le gypse extrait des carrières de l’est jusqu’à la Marne au port de Gournay.

Mais l’emploi de chevaux et tombereaux restait indispensable.
L’arrivée de ce nouveau moyen de transport va aussi permettre aux autres carrières d’évacuer plus facilement le gypse et de se développer.

Les trois sites d’exploitation vont peu à peu se doter d’un réseau de voies de type Decauville.

En 1859, les carrières s’étendent considérablement, notamment parce qu’un décret de 1810 interdit l’exploitation souterraine du gypse à Paris en tolérant toutefois l’extraction à ciel ouvert jusqu’en 1860.

Celles situées à l’ouest doublent leur superficie.
C’est l’époque où les petits exploitants disparaissent pour faire place à de riches familles qui se spécialisent dans ce type d’industrie.

Il s’agit des familles Pachot, Pivot, Grevellé, Aubry et Mussat qui ont entre elles des liens plus ou moins proches.

En 1865, trois plâtriers exerçaient sur la commune.

La guerre de 1870 stoppe momentanément l’exploitation des couches gypseuses.

L’avancée des Prussiens vers Paris incite l’armée française à détruire des récoltes et 120 000 bourrées °°° contenues dans les carrières de Gagny pour éviter qu’elles ne tombent aux mains des ennemis.

Personne ne comprit ce geste puisque la majorité des récoltes étaient stockées dans des propriétés.
L’incendie avait provoqué la destruction de matériels d’exploitation, de diverses marchandises et le glissement de 60 000 mètres cubes de terre.
Les frères Pachot estimèrent les dégâts à 120 000 francs.

C’est après la guerre que furent implantés sur chaque site de carrières, des usines à plâtre afin de réduire les coûts de transport.

C’est alors que commence l’exploitation industrielle du gypse.

A l’ouest l’entreprise Aubry-Pachot exploite déjà par puits.

L’exploitation à ciel ouvert est d’environ quatre hectares.
Au centre, rue Jules Guesde, c’est l’entreprise Mussat-Binot qui s’installe.

Les carrières « Saint-Pierre », situées à l’est, sont exploitées par Roger et Faitout et ont d’ailleurs fourni une grande partie du plâtre pour la construction de divers palais de l’Exposition universelle de 1889.

Plus tard, elles furent reprises par la firme Poliet & Chausson au titre d’amodiataire.
Elles alimentaient une usine à plâtre située à Gournay-sur-Marne.

En cette fin du XIXe siècle, la main-d’œuvre, essentiellement locale, logeait à proximité des carrières « Saint Pierre » dans le lotissement des Abbesses.
En 1921, la firme Poliet & Chausson absorbe la société des Plâtrières Réunies du Bassin de Paris.

Celle-ci l’oblige à racheter le matériel et les terrains pour la somme de trois millions de francs.
Par la suite elle en revendit une partie pour un prix très avantageux.

Entre les deux guerres mondiales, l’exploitation souterraine est très intense, ceci grâce aux nouvelles techniques qui apparaissent peu à peu.

Les trois usines à plâtre embauchent alors des descendants des Bretons, venus pour la construction de la ligne de chemin de fer, et des Italiens ouvriers dans le bâtiment.

L’exploitation à ciel ouvert par gradins est définitivement abandonnée.
C’est aussi pendant cette période que les entreprises investissent dans de nouveaux équipements pour faire face à la demande croissante dans le secteur du bâtiment.
L’usine Aubry-Pachot envisage d’extraire le gypse au moyen de haveuses électriques pour augmenter sa production de 100 000 à 120 000 tonnes par an.
L’usine Poliet & Chausson choisit plutôt d’acquérir des fours supplémentaires pour doubler sa production qui passerait alors à 1000 tonnes par jour.
Cette entreprise ferma en 1939, à la veille de la seconde guerre mondiale.
Une partie des galeries de seconde masse furent rachetées par Zinetti pour la culture du champignon.

Elles appartiennent depuis 1960 à la société France Construction.
La ville de Gagny est propriétaire d’une petite partie située au niveau du cimetière.

Après la seconde guerre mondiale, deux usines continuaient de fonctionner et employaient une main-d’œuvre maghrébine.

Les carrières de l’ouest fermèrent en 1956 pour s’installer à Livry-gargan.

Elles appartiennent aujourd’hui à l’entreprise Marto.

Enfin, les carrières du centre, celles de l’entreprise Mussat-Binot rachetées par Lafarge cessèrent leur activité en 1965.
Une partie appartient actuellement à Zinetti.


Depuis une bonne quinzaine d'années, les carrières souterraines sont en voie de remblaiement.
Les travaux sont réalisés grâce à des camions dont le dessus de la cabine est matelassé pour parer les chutes de pierres.
Les blocs instables sont écroulés à l’aide de barres de purge pour permettre le passage des camions sans trop de risques pour les conducteurs.

Après le gypse : les champignons !

Etienne Boreau fut le premier à cultiver le champignon à Gagny.
En 1873, il loue pour trois ans à Victor Alexandre et Louis Malézé, une carrière de seconde masse.
Il lui en coûta 200 francs par an.
En 1891, un rapport du service des mines mentionne une champignonnière exploitée par Desmarets.

La famille Zinetti, arrivée à Gagny vers 1880, commence la culture du champignon vers 1897.

Ses champignonnières furent installées dans les galeries de première masse et seconde masse où elles devinrent les plus importantes d’Ile-de-France.

Dans les années soixante-dix, les quatre champignonnières de la ville produisaient 500 kg de champignons par jour.

Elles faisaient vivre quatre-vingt familles pour la plupart des Italiens et Portugais qui étaient logés gratuitement quand cela était possible.

Les cultures en « chaînage », c'est-à-dire en meules, eurent cours jusque dans les années soixante-dix ou quatre-vingts.

Après, on fit pousser les champignons dans des sacs remplis d’un mélange de fumier et de gypse broyé et tamisé.
Cent tonnes de fumier par mois étaient nécessaires.
Il provenait des écuries de la Garde républicaine à Paris et des écuries de courses (Fontainebleau en particulier) …La culture du champignon cessa à Gagny en 1992 où la production atteignait 2,5 tonnes de champignons et une tonne de soja par jour. »


Note de Jean Lécuyer : Jusqu’à mes 6 ans ma famille habitait, à Livry-Gargan, au coin de la rue de l’église et de la rue Croix-Richard, juste en face de l’église, et je me souviens d’un passage continu de camionnettes bleues Peugeot venant de Paris et fonçant vers les carrières de gypse de Livry, remplies de crottins de cheval – ça humait fort et ça tombait un peu par terre aussi.
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 MessagePosté le: Lun 20 Juin 2011 - 07:03 Répondre en citant  
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  L'Isa
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ici t'sais c'est "le grand fouillis" alors pas de soucis pour le lien, il a sa place ici...

je vais éplucher ce lien qui m'a l'air fort interessant !
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 MessagePosté le: Lun 19 Déc 2011 - 12:33 Répondre en citant  
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  troglos
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L'Isa a écrit:
gypse


Bonjour.

Je ne voudrais pas être désobligeant, mais il se trouve que je suis l'auteur de ce (long) texte sur le gypse, ainsi que des illustrations (http://troglos.free.fr/dossiers_paris_ile_de_france/dossier_carrieres_paris/dossier_gypse_3.html).

Ce travail a demandé de nombreux mois de travail. Il est rageant de le voir diffusé et se faire approprier par une personne qui l'a recopié par paragraphes entiers.

Je ne suis pas contre la diffusion, étant donné que j'essaie d'oeuvrer à mon échelle pour faire connaître ce patrimoine, mais il aurait été appréciable et honnête de me demander l'autorisation avant de faire un copier-coller de textes que j'ai rédigé et des illustrations que j'ai réalisé (coupe, localisation) et de mentionner vos sources.


Par ailleurs, pour rendre à César ce qui appartient à César, les textes sur les carrières de Méry-sur-Oise, recopiés dans ce même sujet sont issus d'ici :
http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article1867 histoire des carrières de Méry-sur-Oise
http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article1875 La condition des ouvriers carriers à Mery-sur-Oise en 1910.
http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article1910 La grève des bras croisés (1910).
http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article1912 La grève des poings tendus.
qui sont des pages qui ont été réalisées d’après le titre de l’ouvrage d’Abel Poitrineau : Ils travaillaient la France, métiers et mentalités du XVI° au XIX° siècle ( Armand Colin, 1992).


En espérant qu'il s'agisse plus d'une maladresse qu'autre chose.

Cordialement.
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 MessagePosté le: Lun 16 Jan 2012 - 12:19 Répondre en citant  
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Les sources sont citées.
Relis donc le fil.

Je ne les avais en effet pas mises sur le premier post, mais elles sont citées tout au long du fil.

J'ai donc rajouté le lien vers la source dans le premier post du fil.
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 MessagePosté le: Lun 16 Jan 2012 - 12:21 Répondre en citant  
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Et sinon ouais, t'es limite désobligeant, en ne répondant pas aux mp et en m'accusant de ne pas citer mes sources alors que c'est toi qui lis trop vite........

y a de quoi finir parano non ? un coup je me retrouve accusée d'avoir volé des banderoles sur la Dhuis, un coup de m'attribuer le mérite d'un autre.......... Rolling Eyes Very Happy

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 MessagePosté le: Mar 17 Jan 2012 - 02:15 Répondre en citant  
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Monsieur Troglos. sachez sans aucune ironie que vos travaux sont fantastiques et reconnus par beaucoup comme tels.
Il faut souvent pendre la copie non pas pour un vol, mais pour de l'admiration.
Je pense que tu nous as, à tous, appris beaucoup !

Mais c'est vrai que tu avais l'air fâché. ça peut se comprendre .
Il y a des gens qui passent leur temps voler des infos pour les monnayer sur le net… c'est bien triste.
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 MessagePosté le: Sam 17 Nov 2012 - 19:36 Répondre en citant  
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 MessagePosté le: Ven 4 Jan 2013 - 07:57 Répondre en citant  
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 MessagePosté le: Ven 4 Jan 2013 - 07:58 Répondre en citant  
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AVIS : Je cherche le texte relatif à l'interdiction d'ouverture de nouvelles carrières de gypse à ciel ouvert dans les départements de la SEINE SAINT DENIS et du VAL D'OISE.

D'avance merci !
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 MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:37  
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