Back to the index page
  FAQ   Rechercher   Membres   Groupes   S’enregistrer   Profil   Se connecter pour vérifier ses messages privés   Connexion 
Juste des mots, mais chargés d'émotions.

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le-grand-fouillis.org Index du Forum » Discussions diverses » Art et culture pour tous ! » Littérature Sujet précédent :: Sujet suivant  
Juste des mots, mais chargés d'émotions.
 MessagePosté le: Lun 7 Déc 2009 - 17:36 Répondre en citant  
Message
  S.D


Hors ligne

Inscrit le: 06 Mar 2009
Messages: 779
situation virtuelle: Lagrimas de Oro
Localisation: Paris (enfin dans le coin ;))
Emploi: Etudiant... (lycéen, a vrai dire)
grade: Beau ni menteur

Salut salut^^

Bon, voilà juste un petit topic pour lâcher sur les pixels quelques pépites du papier, relié ou virtuel, qui vous ont marqué...

J'ouvre le feu, si vous le voulez bien, avec un passage du Magasin des Suicides, de Jean Teulé, qui représente, pour moi, une vision tellement vraie, crue et pure de la vie sous certains de ses aspects qu'elle mériterait de rester gravée dans les mémoires...
Citation:


C'est l'heure des cris venant de l'immense stade, soudain illuminé, et du peuple amoureux du fouet abrutissant. C'est l'heure où, d'ailleurs l'essaim des mauvais rêves vient tordre sur leurs oreillers les premières personnes endormies. Hélas tout est abîme - action, désir, rêve - et sur le bras de Mishima, tenant le voilage, les poils se dressent de peur, sentent passer l'air sous la fenêtre. La porte de la chambre s'ouvre et Lucrèce demande: "Tu viens à table, Mishima?

- Non, je n'ai pas faim..."

C'est long d'être un homme. C'est long de renoncer à tout.

-"... Je vais me coucher.

C'est que, demain, il faudra vivre encore."

_________________
........__-(saaaluuut^^)..
......./..................
...__.....................
.(|..|)...................
..|__|....................
.(----)...................
..[__]....................
..||||....................
Publicité
 MessagePosté le: Lun 7 Déc 2009 - 17:36  
Message
  Publicité




PublicitéSupprimer les publicités ?
Juste des mots, mais chargés d'émotions.
 MessagePosté le: Lun 7 Déc 2009 - 18:06 Répondre en citant  
Message
  L'Isa
Nietzsche ta mère !


Hors ligne

Inscrit le: 17 Fév 2009
Messages: 44 364
situation virtuelle: Moi aussi j'ai un booooo chapeau ! pfff !
Féminin Taureau (20avr-20mai)
grade: fée railleuse de Vaujours

Quel moment de bonheur que ce genre d'appel, de résonnance, raisonnance, ces instants ou les mots viennent à soi par les yeux et le cerveau, comme l'évidence de ce que nos tripes arrivent pas à sortir......


Céline me fait ça, Kundera aussi......


«Ne pouvoir vivre qu'une vie, c'est comme ne pas vivre du tout...
Qu'est-il resté des agonisants du Cambodge ?
Une grande photo de la star américaine tenant dans ses bras un enfant jaune.
Qu' est-il resté de Thomas ?
Une inscription : il voulait le Royaume de Dieu sur la terre.
Qu' est-il resté de Beethoven ?
Un homme morose à l'invraisemblable crinière, qui prononce d'une voix sombre : Es muss sein ! 'Qu' est-il resté de Franz ?
Une inscription : Après un long égarement, le retour.
Et ainsi de suite, et ainsi de suite. Avant d'être oubliés, nous serons changés en kitsch. Le kitsch, c'est la station de correspondance entre l'être et l'oubli..."


Extrait de L'Insoutenable Légèreté de l'être


Céline il me fait rire oui j'assume ! Céline avait la dérision des lucides, il faisait ricaner le désespoir à coup d' pieds au QI, y compris les plus bas !


extrait de mort à crédit, quand enfant il est malade à crever sur le bateau......

Tout le monde sur le bateau est malade, et voilà ce que cela donne :

" Tu vois toi aussi Ferdinand il t’est resté sur l’estomac le thon !… Nous refaisons l’effort ensemble…
Bouah !. et Bouah !.
Elle s'était trompée ! c'est les crêpes !…
Je crois que je pourrais produire des frites… en me donnant plus de mal encore…
En me retournant toute la tripaille en l’extirpant là sur le pont. J’essaye. Je me démène.
Je me renforce. Un embrun féroce fonce dans la rambarde, claque, surmonte, gicle, retombe, balaye l’autre pont. L’écume emporte, mousse, brasse, tournoie entre nous toutes les ordures… On ravale. On s'y remet. A chaque plongée l'âme s'échappe. on la reprend à la montée dans un reflux de glaires et d'odeurs… Il en suinte encore par le nez, salées, c'est trop !… Un passager implore pardon… Il hurle au ciel qu'il est vide !. Il s'évertue !. Il lui revient quand même une framboise !… Il la reluque avec épouvante… Il en louche… Il a vraiment plus rien du tout !. il voudrait vomir ses deux yeux… Il fait un effort pour ça. Il s'arc-boute à la mâture. Il essaye qu'ils lui sortent des trous. "

Je relis souvent cet extrait du voyage au bout de la nuit car l'évocation de la mort, du manque de courage est particulièrement bien décrite, argumentée à la Céline :

"Je vais me tuer!" qu'il me prévenait quand sa peine lui semblait trop grande.
Et puis il parvenait tout de même à la porter sa peine un peu plus loin comme un poids bien trop lourd pour lui, infiniment inutile, peine sur une route où il ne trouvait personne à qui en parler, tellement qu'elle était énorme et multiple.
Il n'aurait pas su l'expliquer, c'était une peine qui dépassait son instruction.
Lâche qu'il était, je le savais, et lui aussi, de nature espérant toujours qu'on allait le sauver de la vérité, mais je commençais cependant, d'autre part, à me demander s'il existait quelque part, des gens vraiment lâches...
On dirait qu'on peut toujours trouver pour n'importe quel homme une sorte de chose pour laquelle il est prêt à mourir tout de suite et bien content encore.
Seulement son occasion ne se présente pas toujours de mourir joliment, l'occasion qui lui plairait.
Alors il s'en va mourir comme il peut, quelque part...
Il reste là l'homme sur la terre avec l'air d'un couillon en plus et d'un lâche pour tout le monde, pas convaincu seulement, voilà tout.
C'est seulement en apparence la lâcheté.
Robinson n'était pas prêt à mourir dans l'occasion qu'on lui présentait.
Peut-être que présenté autrement, ça lui aurait beaucoup plu.
En somme, la mort c'est un peu comme un mariage.
Cette mort-là elle ne lui plaisait pas du tout et puis voilà.
Rien a dire.
Il faudrait qu'il se résigne à accepter son croupissement et sa détresse.
Mais pour le moment il était encore tout occupé, tout passionné à s'en barbouiller l'âme d'une façon dégoûtante de son malheur et de sa détresse.
Plus tard, il mettrait de l'ordre dans son malheur et alors une vraie vie nouvelle recommencerait.
Faudrait bien.
Il n'y a de terrible en nous et sur la terre et dans le ciel peut-être que ce qui n'a pas encore été dit.
On ne sera tranquille que lorsque tout aura été dit, une bonne fois pour toutes, alors enfin on fera silence et on aura plus peur de se taire. Ça y sera.
_________________
"Et si le bobo enrichi était plus nocif que l'uranium appauvri ?"
MSN Skype
Juste des mots, mais chargés d'émotions.
 MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:35  
Message
  Contenu Sponsorisé




Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le-grand-fouillis.org Index du Forum » Littérature

Page 1 sur 1
Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure

Montrer les messages depuis:

  

Sauter vers:  

Index | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2018 phpBB Group Traduction par : phpBB-fr.com
Macinscott 2 by Scott Stubblefield